Max Göldi à Tripoli: pour longtemps?

La question se repose à voir les développements récents de l’affaire: Max Göldi pourrait rester en prison ou retenu à Tripoli pour longtemps. La Libye ne lâchera rien tant qu’elle n’aura pas obtenu ce qu’elle veut.

Kadhafi5.jpgCeci d’autant plus que le clan Kadhafi joue peut-être une partie politique intérieure et panarabique et qu’il ne peut perdre la face. La surenchère de ces dernières semaines montre en tous les cas comment les autorités libyennes s’amusent avec la Suisse. D’un côté on dit que Max Göldi pourrait être relâché rapidement, de l’autre on lance un jihad, on recommande de jeter Mme Calmy Rey au lac, et on dit qu’il n’y aura aucune fin de crise tant que la Suisse n’autorisera pas la construction des minarets.

M. Göldi est un enjeu utile, Kadhafi ne va pas le relâcher si vite, et encore moins à un moment où l'Europe commence à se retourner contre notre pays. L’attitude constament changeante du pouvoir Libyen ne laisse rien augurer de bon. Comment discuter avec des instables et des manipulateurs? On lâche l’otage ou on se couche.
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Genève a bien lâché du lest, sur injonction de Berne semble-t-il. Un peu tard sans doute. Mais Hannibal ne veut pas de l’argent de Genève. On repousse encore un peu plus loin la solution. S’il y a encore une solution autre que de se coucher jusqu’à être plus plat qu’une feuille de journal.

Le but est d’humilier la Suisse le plus loin possible, et quelles qu’aient été les erreurs de notre pays, on est depuis un moment dans un règlement de compte, plus dans une recherche de justice. Il ne faut plus rien chercher de rationel. La Suisse est seule, l'Europe l'abandonne, Kadhafi père peut se montrer caractériel pendant que son fils joue la classe et la victime, la publication des photos a enrayé la libération de Max en septembre dernier, bref...

Le beau merdier!

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Commentaires

  • Kadhafi joue au marionnettiste avec la Suisse qui a le rôle de polichinelle. Qui nous dit que Mister K. ne va encore tirer les ficelles pour rallonger la peine de Max Göldi à souhait. Les infirmières bulgares et le médecin palestinien en savent un bout. L'Europe se couche devant des contrats mirobolants que fait miroiter Kadhafi mais il peut tout aussi bien les filer aux Chinois ou à d'autres pays hors Europe.

  • Kadhafi joue aux marionnettes avec les suisses, ok mais il met la main où?

  • Je me suis posé la même question ces derniers temps. Lorsque Max Göldi aura purgé sa peine (car je crains de plus en plus qu'il doive la purger entièrement), est-ce qu'il sera réellement libéré ? Ou trouvera-on de nouvelles tracasseries pour le garder en Libye ? Je pense malheureusement qu'il y a de fortes chances pour qu'il doive reprendre son séjour à l'ambassade, dans le meilleur des cas.

  • Je pense qu'il y a un risque réel. Tant qu'ils n'auront pas leur tribunal arbitral tout risque de rester bloqué. Et s'ils l'ont, pas sûr que ce soit suffisant.

  • I.

    Arrêt rendu le 13 octobre 2009 à l’unanimité par la Cour européenne des droits de l’homme (DAYANAN c/ TURQUIE, requête n° 7377/03) :

    « 30. En ce qui concerne l’absence d’avocat lors de la garde à vue, la Cour rappelle que le droit de tout accusé à être effectivement défendu par un avocat, au besoin commis d’office, figure parmi les éléments fondamentaux du procès équitable
    (…)
    31. Elle estime que l’équité d’une procédure pénale requiert d’une manière générale, aux fins de l’article 6 de la Convention, que le suspect jouisse de la possibilité de se faire assister par un avocat dès le moment de son placement en garde à vue ou en détention provisoire.
    (…)
    33. En l’espèce, nul ne conteste que le requérant n’a pas bénéficié de l’assistance d’un Conseil lors de sa garde à vue parce que la loi en vigueur à l’époque pertinente y faisait obstacle. En soi une telle restriction systématique sur la base de dispositions légales pertinentes, suffit à conclure à un manquement aux exigences de l’article 6 de la Convention, nonobstant le fait que le requérant a gardé le silence au cours de la garde à vue.

    34. Partant, la Cour conclut qu’il y a eu violation de l’article 6 § 3c de la Convention combinée avec l’article 6 § 1. »

    II.

    Hannibal K., à l'instar des autres "clients" de la police genevoise a été victime, entre autres violations, de cette violation de la CEDH.

    La compétence de ce Tribunal arbitral ne devrait-t'elle pas s'étendre à toutes les malversations genevoises connnexes à celles dont ont été victimes K. et son épouse Aline enceinte de 9 mois ?

  • Apparemment Kadhafi qui est aussi décrié dans les pays arabes comme un psychopathe, a vite redoré son blason (après des années de mise à l'écart et de blocus économique) auprès des pays européens (France, Italie, GB...) et le cas helvète est juste la poussière de trop qui bloque les rouages pour obtenir des contrats pour les entreprises européennes. En un mot, il peut tirer toutes les ficelles, à mon avis il sera appuyé par la majorité des pays de l'UE et hors union... C'est à peine croyable que la gouvernance suisse n'ait pas pu enrayé cette histoire à temps et pourtant on s'enlise dans des joutes entre les questions de légitimité et de légalité où la clé du problème semble pour le moment insoluble.

  • Cette affaire entrera dans les annales de la diplomatie mondiale, et sera sans doute présentée, dans toutes les écoles de diplomatie, comme l'un des ratages diplomatiques les plus incroyables que l'histoire ait connus.

    La cause de ce ratage est purement genevoise:
    - impunité des autorités, qui font toujours tout juste et ne s'excusent jamais;
    - application et instrumentalisation du droit au gré des opportunités politiques.

    Les conséquences seront très graves pour la Suisse. Sur le fond, les circonstances de l'arrestation des époux K. ne passent vraisemblablement pas la rampe de l'examen de proportionnalité (sans même parler bien sûr de la violation du secret de fonction). Incapables de régler le problème à l'échelon cantonal, nous n'avons rien trouvé de mieux à faire que d'impliquer tout le continent (!). Sans compter que c'est - encore une fois - faire un usage politique et disproportionné du droit (c'est une manie, ma parole!), il y a quelque chose de stupide ou de masochiste (à choix) dans un tel comportement: tout indique que nous voulons absolument avoir encore plus de spectateurs lors de la fessée en public que nous allons nous prendre. Car juridiquement, nous allons vraisemblablement perdre sur toute la ligne.

    Nous nous étions fait une tradition d'offrir nos bons offices. Ce rôle n'était pas assez en vue pour nos nouveaux diplomates, qui essaient consciemment, depuis une dizaine d'années, de "défendre" la Suisse en la faisant "exister" sur la scène internationale. Résultat de dix ans de campagne: il n'y a plus que deux entités avec lesquelles nous avons des rapports cordiaux: les FARC et l'ETA. Il faut relire "La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf".

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