15 mars 2010

L’incontournable logique du profit

Le profit est un de ces mots magiques qu’on adore ou qu’on déteste. Un mot qui délimite des camps.  Un mot impossible à utiliser sans être classé à gauche ou à droite selon ce que l’on en dit.


La définition d’abord:

  • Comptablement le profit se traduit par le bénéfice, soit le solde positif entre les ventes et les coûts de revient d'une entreprise.
  • La théorie économique classique définit le profit comme étant la contrepartie des apports de l'entrepreneur (travail et capital).
  • La théorie néoclassique considère elle, que le profit est la contrepartie de la prise de risque de l'entrepreneur.
  • Marx considère le profit comme l'appropriation par le capitaliste du travail des salariés.


profit4.jpgBien. Peut-on imaginer une entreprise qui ne ferait pas de bénéfice? Pour laquelle les coûts de production seraient plus importants que les gains? Non. Une entreprise qui coûte plus qu’elle ne rapporte n’est pas viable.

A qui le profit rapporte-t-il? D’abord à celui qui prend le risque et investit. Son profit ne va pas simplement dans ses poches: il rentabilise le matériel et les locaux, paie les employés, permet de faire des provisions pour les périodes de vaches maigres, paie des taxes à la collectivités, etc.

En payant les employés une partie du profit va également dans leur poche. On peut discuter la proportion de ce qui revient à l’entrepreneur ou aux employés. La discussion a lieu et une initiative populaire (voir ici) sera soumise au peuple. Mais on peut difficilement se passer de la logique du profit.

La définition de Marx pose évidemment question car elle inverse les données et délégitimise l’entrepreneur. Dans un sens, en effet, l’entreprise vit sur le travail des employés. Mais en sens inverse l’employé trouve du travail grâce à l’entreprise qui, elle, prend les risques initiaux.
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Si l’on veut échapper à cette logique de co-dépendance entre l’employeur et l’employé, il faut rendre les employés indépendants. C’est chose possible. Mais cela n’arrive que très peu. Qui veut prendre les risques individuellement? Trouver un marché, tenir la compta, travailler souvent sans prendre de vacances, ne pas toujours nouer les deux bouts?

Le travail dépendant engendre moins de risques que le statut d’indépendant. C’est peut-être pour cela que la majorité des employés préfère le statut de salarié, plus stable en général.

Pour disposer de cette stabilité il faut bien que l’entreprise fasse du profit. Sinon il ne reste plus qu’à aller manger des racines et s’habiller de peaux de bêtes.

Quand je lis ou entends les critiques récurrentes sur le profit, je me demande si ceux qui les émettent sont bien au clair sur le rôle de ce profit dans l’entreprise. Je ne vois pas comment on peut vivre à perte ou à crédit sans avoir à le payer très cher un jour (crise économique, réduction de salaire, fragilisation de l’emploi, etc). La logique du profit m’apparaît incontournable.




PS: Pensées pour Max Göldi, otage suisse à Tipoli.

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15:19 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : argent, profit, gain, bénéfice, emploi, travail, patronat | |  Facebook |  Imprimer | | | | hommelibre

Commentaires

Il serait facile de vous réfuter! Nous n'allons pas le faire, tant votre identification au rôle de l'entrepreneur est complète! Pour Marx, le capital est aussi définit comme l'accumulation du travail mort!
Alors là, la notion se complexifie un peu trop pour que vous tentiez d'y penser avec un peu de sérieux. Votre système de valeur, typiquement libéral-stalinien, risquerait l'effondremnt. Aussi nous ne vous réfutons pas!

Écrit par : Trio Infernal | 16 mars 2010

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