Le hêtre et le néon

Bon bon, un ch’tit délire today. Une histoire d’hêtre.

moulins1.jpgSi vous passez un jour par la ville de Moulins dans le centre de la France, vous y rencontrerez des habitants très fiers et possessifs. Il arrive que, familièrement, ils parlent de leur ville en disant «mon Moulins». On dit bien habiter «en Arles» et non «à Arles», pourquoi pas «mon Moulins»? Mais j’en viens au sujet.

Le hêtre est très joli arbre qui peuple nos bois. Ne dit-on pas «Le peuple de l’hêtre»? D’ailleurs, son côté peuple le fait parfois se prendre pour un humain. On dit alors l’hêtrumain.

Il a donné un verbe, le verbe hêtre, que l’on peut facilement décliner à l’indicatif présent: je suître, tu hêtres, il hêtre.

C’est un arbre toujours très propre sur lui: on voit souvent ensemble, à l’aube naissante, dans les villages de nos campagnes, l’hêtre et lavoir.

Parfois il pousse entre des épicéas ou des chênes, qui prennent beaucoup de place. Obligé de se faire tout petit, il a alors donné naissance à une sous-espèce: l’hêtriqué.

L’hêtre ne parle pas, mais il en est un, unique, qui écrit. Il écrit des lettres. On le trouve dans le centre de la France, près de cette ville où les habitants sont fiers et possessifs. Comment s’appelle-t-il déjà? Ah oui: l’hêtre de mon Moulins.
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On l’appelle aussi «faayard», nom dont l’étymologie signifie «fou». Allez savoir pourquoi. Fayan fut aussi utilisé. Mais bon, introduisez le mot «fayan» dans une conversation ordinaire et plus personne ne vous comprendra. Témoin cette citation de Palissy:

«Plusieurs verriers de ceux qui font les verres de vitres se servent de la cendre de bois de fayan en lieu de salicor».

L’hêtre de mon Moulins, à force d’écrire, à donné son nom de fayard à une maison d’édition française connue.

Et puisqu’on parle de littérature, je livre ici un scoop. Jean-Paul Sartre, un soir, assis à une terrasse éclairée de rouge et bleu clignotant, vit un hêtre en face de lui. C’est là qu’il écrivit «L’hêtre et le néon».

On a aussi trouvé une autre sous-espèce d’hêtre, l’hêtrusque. Mais on n’a pas encore pu établir de lien avec l’ancienne civilisation du centre de l’Italie.

Parmi les autres sous-espèces, citons sans trop insister l’hêtron à l’odeur nauséabonde, l’hêtrave dont les racines en forme de proue de navire ont un goût sucré, l’hêtranglé qui vient de Grande-Bretagne, et l’hêtrenne, originaire du grand nord, que l’on offre en cadeau à la nouvelle année.

Bref, et j’en terminerai ici, le hêtre forme une grande famille qui vit dans l’harmonie. D’ailleurs vous n’en verrez jamais s’hêtriper.

 

 

PS: Le gouvernement espagnol va-t-il permettre d’accélérer la libération des otages suisses en Libye? Parce qu’il ne faut pas compter sur Kouchner. 580 jours de rétention.

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Commentaires

  • Chapeau, mieux que Devos! Merci d'ensoleiller notre morne ciel!

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