Faut-il vraiment croire en l’humain?

En principe, toute relation humaine se fonde en partie sur un rapport de confiance. Un échange d’argent dans un commerce, une amitié naissante, une relation professionnelle ou amoureuse, un lien thérapeutique, rien ne se passerait sans cela.

confiance.jpgLa confiance est un préalable presque instinctif à toute relation et communication entre les humains. Mais cette confiance initiale a-t-elle vraiment sa raison d’être?

On peut voir l’humain sous l’angle sombre. Le catalogue est bien rempli: cynisme politique, trahisons diverses, crime organisé, vols, mensonges, versatilité de certaines amitiés, capacités destructrices avancées, torture, exploitations multiples, tyrannie, torture,  pour faire dans les grandes lignes.

Mais malgré cela, on ne peut se passer de vivre avec les humains: seul on n’est pas grand chose. On peut alors faire le service minimum: vivre pour soi, éviter les conflits et réduire les échanges, savoir que la fiabilité humaine a ses limites. Possible mais guère enthousiasmant.

On peut aussi prendre le catalogue en positif, et malgré la part sombre et destructrice, considérer tout ce qui mérite notre confiance: créativité, humanisme, solidarité, don de soi, amour partagé, éducation, principes de vie respectés, évolutivité, intelligence, amitié sincère, entre autres.

Il me semble qu’il y a plus de valeurs positives que le contraire, sans quoi nous serions dans la barbarie pure et simple.

Mais je ne suis pas certain que la foi en l’humain soit motivée par des arguments. Elle dépend davantage, à mon avis, d’une disposition personnelle, d’une propension à voir le catalogue positif, à être capable de résilience face aux épreuves. Elle dépend aussi des modèles que l’on rencontre dans sa vie depuis son enfance.

Et puis elle dépend enfin de notre décision: nous avons le choix de faire confiance ou non en l’humain. Cela vient d’abord de nous-mêmes.




PS: 579 jours de rétention pour les deux otages suisses en Libye. Après avoir appris que Kadhafi durcit sa position, l’Italie a demandé au gouvernement libyen de libérer les otages.  On y croira quand on les verra à la maison.

Desert-Mongolia.jpg

Catégories : Psychologie 5 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Comme disait Sartre : « L’enfer c’est les autres »
    Même si c’est une célèbre phrase sortie de contexte vu qu’il faisait référence à Simone de Beauvoir ; )

  • Oui, l'enfer c'est les autres. Mais quand on est seul comme moi, c'est très dur, sans les autres.

  • @ Barbie:

    Vous êtes inénarrable!... et cruelle pour Momone... Jean-Paul Deux (hum... en référence aux deux directions de son regard) lui en a fait voir aussi. M'enfin, bon, Sartre n'était pas vraiment un optimiste...

    @ Géo:

    Comme dirait le renard du Petit prince: "Décidément, rien n'est parfait."...

  • Rien n'est parfait, certes. Je me dis souvent que la société a perdu bon nombre de valeurs morales (altruisme, savoir-vivre, honnêteté, ...) qu'elle possédait autrefois, et dont l'absence de nos jours participe d'une certaine déchéance de la société. Et nos politiques ont beau légiférer par-dessus cette déchéance, rien n'y fait ; ce sont nos valeurs qu'il nous faut retrouver...

    PS: cher Hommelibre, c'est la première fois que je vous laisse un commentaire, mais je tiens tout de même à vous féliciter pour votre blog que je consulte depuis un bon bout de temps et que j'apprécie ! Bien à vous.

  • @ Lapin blanc:

    Merci, et très d'accord avec vous: avec plus de valeurs il y aurait moins besoin de police, de judiciarisation et de parano sécuritaire.

    J'ai beaucoup apprécié votre billet sur LA chose - que j'ai aussi regardé vendredi, oui oui j'avoue... Et comme vous avez très bien décrit et commenté la chose, je n'ai pas écrit moi-même.

    Pfff... Dire que le sale gosse n'a rien fait d'autre de sa vie que de faire du buzz sur internet pour se faire connaître, et que sa seule pensée - si l'on peut parler de pensée - est de porter des jugements de valeur sur tout. Bon sang, à l'écouter j'avais l'impression de faire un retour en arrière d'un siècle ou deux...

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