Berbérati: manioc, famine, mort


Au sud-ouest de la Centrafrique, à Berbérati, la population se meurt à petit feu. Réduite à manger des feuilles de manioc, la malnutrition fait des ravages.


Je cède la parole à une femme, Chloé LAROCHE, maman, écrivain et violoniste engagée pour la solidarité. Voici quelques extraits de ce qu’elle a vu.

famine1.jpg«Berberati, 155.000 habitants, est à une grosse journée de piste au sud-ouest de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Comme le reste du pays, la ville semble s’être figée quelques décennies dans le passé : aucune route mais des pistes de terre rouge impraticables dès qu’il pleut, pas d’électricité, pratiquement pas d’eau courante. La région, avec ses ressources minières, or et diamants, et ses exploitations forestières, était pourtant considérée comme relativement prospère dans un pays figurant parmi les plus pauvres de la planète. Jusqu’au printemps dernier. C’est un médecin de Carnot, un peu plus au nord, qui, le premier, a sonné l’alarme après avoir détecté des signes cliniques inquiétants chez les enfants qu’il examinait. ACF et MSF, toutes deux déjà présentes dans le pays, ont lancé en juillet une enquête conjointe dans cette zone. Résultat : 7 % d’enfants en état de malnutrition sévère aiguë – un taux à comparer au seuil d’urgence fixé à 2 % par l’OMS.
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Comme l’industrie du bois, les activités minières et commerciales se sont effondrées en mars. Les bureaux d’achat de diamants ont fermé un à un. La moitié des employés a été licencié dans la région de la Mambéré-Kadeï, selon le préfet Joël Parefa. « Il n’y a plus d’argent, résume-t-il. Alors on achète des produits moins riches, et on réduit la fréquence des repas. Chez nos parents, on mangeait trois fois par jour ; cela n’existe plus. »

A lire ici.



PS: Les otages suisses de Kadhafi, eux, ont faim de liberté. C’est peut-être dérisoire à côté de la mort rampante qui sévit en Afrique. Mais la prison est une forme de mort psychologique.

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