... et le visage de l’Europe changea

europe_2000.jpgIl y a à peine deux siècles, en 1789, l’Europe était formée de 300 Etats. En 1815 il n’étaient plus que 60, puis 20 en 1871 (y compris la Turquie qui contrôlait les Balkans), et actuellement 45 (carte 1).

Les périodes de relative unité se sont appuyées sur différents piliers: la guerre  de conquête, la religion, l’instauration du droit. On peut citer les Celtes (8e siècle avant J-C au 3e siècle après, carte 2 - cliquer sur les cartes pour les agrandir), les Romains, l’Empire Carolingien, l’Empire Napoléonien et le 3e Reich. Il y a dans l'Histoire de l'Europe, comme dans toute l'Histoire humaine, des fleuves de sang innocent versé .
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Que l’on adhère ou non à une religion, il faut noter que la religion chrétienne a été l’un des principaux éléments d’unité culturelle, philosophique, spirituelle et parfois politique.

En 2’500 ans notre continent s’est fait, défait, refait, encore défait, au gré des puissances de l’époque. Encore au haut Moyen-âge, les alliances politiques et militaires successives et opportunistes ont façonné une géographie politique changeante.

Les guerres ont donc été fréquentes, voire habituelles, et les périodes de paix plutôt rares. Les populations ont fait les frais de tous ces changements et de cette instabilité chronique. Changements europe-500.jpgd’appartenance, tueries, le prix fut très cher.

Depuis 1945 l’Europe a vécu dans une division de deux systèmes politiques et économiques antagonistes et adversaires.

Jusqu’à la chute du mur.

Ce jour-là le visage de l’Europe changea. Il y a certes toujours des Etats différents. Mais il y a depuis plusieurs décennies une volonté d’union supra-nationale qui ne se passe pas par la force mais par la volonté des représentants de chaque pays. Les objectifs de cette Europe est d’assurer une paix durable et la prospérité de ses habitants. Et à plus long terme d’être une force pacifiante dans le monde.
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Ce n’est pas encore gagné. Les changements qui s’opèrent sont à la fois sécurisants et déstabilisants. Sécurisants car on peut entrevoir une longue stabilité politique sans guerre. Déstabilisants à cause des changements économiques et de la redistribution des populations et des richesses.

De plus, la mariée étant peut-être trop belle, ou les changements suscitant par nature des résistances, la nouvelle Europe est l’objet de nombreuses critiques. Une des critiques majeures est qu’il y aurait trop de libéralisme économique et pas assez de social. Mais on oublie peut-être que le social n’est possible que si l’économique lui en donne les moyens. On dit aussi que la libre circulation nous enlève des postes de travail. Je comprends bien que le chômage suscite cette critique. L'analyse de cette critique demanderait d'autre développements que ceux prévus dans le thème de ce billet.

europe_1000.jpgLe reste, le capitalisme financier et sauvage, les relations employeurs-employés, les droits humains, la solidarité, ne dépendent pas de la structure politique de l’Europe - qui n’est qu'un instrument - mais des mentalités et pratiques de ceux qui l’habitent.

On reproche aussi à l’Europe de vouloir top uniformiser les pays ou de prendre des décisions sans l’aval des collectivités régionales. Je souscris en partie à cette critique, et il doit être possible d’organiser un grand ensemble tout en laissant la place à un certain nombre de particularités qui ont un sens, ne serait-ce qu’un sens d’identité. Un Provençal est un européen aux même droits qu’un Polonais ou un Roumain, tout en ayant ses propres particularités.
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Les difficultés d’édification, la crise économique, le manque de but collectif enthousiasmant, ne doitven pourtant pas nous faire dévaloriser ce projet. Repensons un peu au passé de l’Europe, et demandons-nous si c’est cela que nous voulons vivre. Et rappelons-nous que les société humaines sont fragiles, et qu’un retour en arrière sera encore possible pendant plusieurs générations. L’Europe n’efface pas encore toutes les rivalités et souffrances passées.

La chute du mur de Berlin est un symbole. Un symbole pour la ville, pour l’Europe divisée en deux blocs, mais aussi pour tous les murs érigés dans le passé.

europe_1600.jpgLes murs qui restent à abattre sont aujourd’hui dans nos têtes. Et là, le chemin est encore long. Nos «Check Point Charly» psychiques sont encore bien gardés.

L’abattement de ces murs de l’esprit est un grand dessein. Il doit se négocier pas à pas. Mais peut-être pourra-t-il être compris et susciter l’enthousiasme.

Images 3 et suivantes: Europe ans 500, 600, 1000, 1500, 1600. D’autres cartes sur le site:
http://www.euratlas.net/

 

 

PS: Aucun signe des otages suisses retenus par la klan Kadhafi sur les cartes de la Libye. Il est temps de les mettre à jour afin que leurs familles soient légitimement rassurées. Ces deux petites silhouettes en haut de la dune, serait-ce eux? Ou des géographes? Ou MCR et HRM en négociation avec le vent du dsert?

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Catégories : Politique 0 commentaire Lien permanent

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