Les Verts s’élargissent

Interview d’Antonio Hodgers et Bastien Girod dans le Matin du jour, réalisé par Titus Plattner. Ces deux têtes pensantes des Verts proposent un repositionnement de leur parti. Une citation  de M. Hodgers mise en exergue donne le ton: «Il faut rompre avec l'angélisme qui a longtemps prévalu à gauche.» «Une immigration qui s'emballe, ça aggrave la pénurie de logements, les problèmes de trafic», renchérit Girod.»

vert2.jpgLongtemps considéré comme un appendice socialiste, variant du rose clair au pourpre, le parti écologiste repense son discours et bouge ses lignes au travers de ses deux représentants.

D’abord en ce qui concerne l’immigration, considérée comme trop importante et nuisible à divers titres à la qualité de vie. Mais on n’est pas dans le mouton noir pour autant:

«Bastien Girod: Le fait est que la croissance démographique suisse est due non pas à la natalité mais au solde migratoire positif. Certains en ont un peu rapidement conclu que j'étais anti-étranger. Pour ma défense, je dois tout de même dire que je subordonne tout cela au principe de non-discrimination entre Suisses et étrangers.»

Plus globalement, Antonio Hodgers pose une volonté politique nouvelle chez les Verts «canal historique»: «Aujourd'hui nous avons l'ambition de nous émanciper d'une lecture gauche-droite.»
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«Les Verts doivent être capables de faire d'autres alliances. Par exemple avec les forces libérales en matière d'économie verte; ou alors avec les conservateurs en matière de protection du paysage, de protection des zones agricoles», assènent-ils de concert.»

Je ne peux que saluer cette étape dans la réflexion des Verts. La politique partisane est forcément réductrice, faisant fi des analyses et bonnes idées de celui qui est considéré comme un adversaire plutôt qu’un complément à sa propre vision politique.

Peut-être sont-ils un peu boostés par l’expansion des Verts libéraux et par le groupe de réflexion Ecologie libérale. Et pourquoi pas, d’ailleurs.

Reste à voir maintenant si Messieurs Hodgers e Girod seront suivis par leur base et leurs élus.


PS: Pas beaucoup de vert devant les yeux des otages suisses de Kadhafi en Libye. Du sable à perte de vue, et toujours pas de chameau pour les ramener à la maison...

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Catégories : Politique 4 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bonjour Hommelibre, je ne peux que saluer cette présence d'esprit. Chasseraient-ils sur d'autres terres? Semi-blague à part, ça n'est que du respect pour les résidents, les citoyens de ce pays, qui ne vont pas demander l'asile ailleurs.

  • Le problème de votre analyse est que si les Verts étaient réellement dans cette dynamique ils ne nous proposeraient pas le choix électoral du 15. Honnêtement, il y a mieux que ça comme femme chez les Verts.NON?

    On nou propose d'élire cette femme-là au prétexte de son sexe, c'est pas raisonnable.

    Je vote volontiers VERT mais cela ne veut pas dire que je suis prêt à élire un courge au seul motif qu'elle est verte dehors!!

    Je pense par exemple que Mme Rochat, par son parcours personnel pouurait bien être une candidate "Verte".

    Il en va de même avec la candidate socialiste qui n'a comme atout que d'être mignonne. Coté moralité c'est une autre affaire. Je crois savoir qu'elle pratique le népotisme avec la même application que sa copine Salerno
    en Ville.

    Toute cette gauche caviar m'exaspère!

    Il ne suffit pas de décréter que les autres sont des populistes et d'avoir la presse avec soit pour que ce soit une réalité.

    Le MCG a de meilleurs stratèges et une meilleure approche des problèmes, un point c'est tout. Le vilipender ne rend ni les Verts ni les Roses meilleurs!

  • @ Mustafa:

    Je pense que la réflexion des Verts citée dans cette interview est encore trop récente pour être reprise par l'ensemble du parti, et pour présenter des candidats plus en phase avec cela. Pour Mme Kunzler, je ne la sens vraiment pas du tout. Le langage du corps est pour moi aussi parlant que les mots, et sa photo dans la Tribune il y a quelques jours montre bien peu de détermination et d'énergie.

  • "... conclu que j'étais anti-étranger. Pour ma défense, je dois tout de même dire que je subordonne tout cela au principe de non-discrimination entre Suisses et étrangers."

    De là à insinuer que "les autres" (et on sait de qui il parle), qui plaident pour un meilleur contrôle de l'immigration depuis des années, sont "anti-étrangers" n'est qu'un petit pas et le sous-entendu est certes voulu.

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