30 septembre 2009
Grippe A: 3‘500 décès. Maladies iatrogènes: 300 fois plus.
Une connaissance a récemment connu un épisode d’infection gynécologique. Elle appelle son gynéco qui, ne pouvant la recevoir, lui prescrit un antibiotique. Après 3-4 jours, elle a l’intestin détraqué, une faiblesse générale, une baisse importante de l’humeur.
Visite hier chez le gynéco: son infection est une mycose et l’antibiotique prescrit n’est pas adapté. Changement de traitement.
Ce petit épisode souligne une chose que l’on oublie trop souvent: les maladies iatrogènes, dues aux médicaments. Petite comparaison: la grippe A pour laquelle des milliards ont été dépensés et autour de quoi l’on crée comme un état de guerre a fait près de 3‘500 décès à ce jour. Combien de malades et de décès sont dus aux maladies iatrogènes?
«Les maladies iatrogènes sont le fruit de l’intoxication médicamenteuse ou domestique non conforme à la biologie cellulaire. Le rapport Queneau (doyen honoraire de la faculté de médecine de Saint-Etienne, membre de l’Académie de médecine), effectué à la demande du ministère, évalue à entre 4 % et 15 % le nombre de malades hospitalisés relevant d’une iatrogénie médicamenteuse et à 20 000 les décès annuels liés à ces pathologies, soit l’équivalent d’un crash d’Airbus A320 chaque semaine…»
«Chaque année en France, les maladies iatrogènes, c’est-à-dire provoquées par les médicaments, sont responsable de 5% à 10% de la totalité des hospitalisations soit 140 000 par an dont plus de 13 000 décès. C’est beaucoup plus que les accidents de la route (dont d’ailleurs de 8 à 15% seraient dus à la prise de médicaments : la prise d’un somnifère équivaut par exemple, dix heures plus tard, à un taux d’alcoolémie de 0,5/0,8 gramme) mais qui s’en préoccupe ?»
Les maladies iatrogènes pourraient en partie être évitées. Dans le cas que je cite en début de billet, le gynéco n’a pas demandé à la personne si elle prenait d’autres médicaments. C’est le cas. Et un des effets secondaires est d’aggraver les symptômes pour lesquels elle était déjà en traitement. Il n’a pas fait de frottis pour déterminer le type d’infection et donc le médicament à prescrire.
Un minimum de professionnalisme permettrait déjà de diminuer les maladies iatrogènes prévisibles, et de ne prescrire que les remèdes utiles. Une prévention développée et le recours aux médecines douces quand c’est possible y contribuerait aussi. Mais il faut y mettre les moyens. Ces moyens existent, on le voit pour la grippe A.
Tout n’est certes pas comparable, et si l’on peut reprocher aux autorités d’en faire trop, leur intervention n’est pas totalement infondée. Mais quand-même, une petite comparaison. La grippe A a causé en 6 mois près de 3‘500 décès dans le monde entier, et l’on met des milliards pour la prévention et les traitements. Les maladies iatrogènes ont causé la mort d’environ 10‘000 personnes en France en 6 mois, soit - rapporté au monde entier - près de 300 fois plus. Combien pour leur prévention?
Les otages suisses en Libye ont été mis au secret sous prétexte d'une visite médicale. Est-ce une maladie iatrogène, docteur?

14:10 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : grippea, ah1n1, pandémie, oms, maladies iatrogènes, france, mortalité |
|
Facebook






Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://hommelibre.blog.tdg.ch/trackback/36226
Commentaires
@hommelibre:
Deux petites questions/remarques pour commencer:
1/ Quand vous dites "300 fois plus", est-ce que vous tenez compte du fait que les pays qui ont moins de médicaments connaissent vraisemblablement moins de maladies iatrogènes que les pays sur-médicamentés comme les nôtres?
2/ A la décharge des autorités, la grippe A est une épidémie (c'est à dire qu'un cas non traité ou non identifié peut infecter d'autres personnes), alors que les maladies iatrogènes ne paraissent pas nécessairement contagieuses. Je peux comprendre que les organes concernés de la communauté internationale se sente mieux à même de s'organiser pour contrer une épidémie, alors que pour les maladies iatrogènes chaque Etat pourrait (ou en tout cas serait sensé) s'organiser séparément...
Indépendamment de ces deux points, merci pour l'info. Les chiffres que vous énoncez pour la France sont vraiment inquiétants, et il est encore plus inquiétant de se dire que le grand public n'entend jamais parler de ces maladies-là.
Ecrit par : Lord Acton | 30 septembre 2009
Article très instructif sur les maladies iatrogènes et effectivement une des mes connaissances cardiaque a pris un nouveau médicament en plus de son traitement habituel et il y a eu une interaction avec ces derniers. Elle a eu une sorte d'érythème sur le corps et a commencé à peler. Elle a fini par consulter en urgence un dermatologiste. C'est vrai que la combinaison de plusieurs médicaments annulent les effets et peuvent avoir de sérieuses conséquences.
Ecrit par : demain | 30 septembre 2009
@ Lord Acton:
1- Il y a une part d'approximation dans ce chiffre de 300 fois, mais c'est une moyenne. A mi-juillet par exemple, il y avait 300 décès en Amérique du Nord et seulement 20 en Europe. Si l'on devait faire des rapports précis il faudrait les chiffres des deux types de maladie pays par pays, ce qui n'est pas disponible pour le maladies iatrogènes.
En ce qui concerne des pays moins médicalisés, je connais un peu 3 pays d'Afrique noire. Les médicaments envoyés depuis l'Europe finissent souvent mélangés sur des étals aux marchés. Et là c'est parfois terrible car il n'y a plus de mode d'emploi, et par de culture du risque par rapport à c es médicaments.
2- Oui bien sûr on craint davantage une maladie contagieuse car difficile à prévoir et à délimiter. Toutefois on peut proposer une prophylaxie par vitamine C par exemple et entre autres, qui si elle n'est pas une panacée a néanmoins une action de soutien à l'immunité importante. Quand à l'argent investi dans la vaccination spécifique de cette grippe A, on sait que si pic de pandémie il y a en octobre, elle viendra trop tard.
Pour ce qui est des maladies iatrogènes, l'OMS aurait cependant sa place à mon avis: Campagnes envers le public d'incitation à lire systématiquement les contre-indication et envers les malades à en demander les risques réels dans leur cas précis; Campagnes auprès du public et des médecins à prescrire moins de médicaments, et à questionner systématiquement sur les autres traitements suivis.
En effet, les chiffres fournis rien que pour la France sont impressionnants et inquiétants. C'est un réel problème de santé publique, plus aigu que les accidents de voiture. Je me demande si l'on ne passe pas un peu ce problème aux profits et pertes, estimant que c'est le prix à payer pour sauver d'autres gens. Au vu de ces chiffres on peut se demander s'il n'y a pas un aspect loterie dans le fait de prendre un médicament... J'exagère un peu bien sûr, mais 4 à 15% de malades en hôpital à cause des médicaments, plus ceux qui ne sont pas hospitalisés, cela fait beaucoup de monde.
Ecrit par : hommelibre | 30 septembre 2009
On aurait bien connaître la famille d'antibiotiques concernée, des fluoroquinolones à priori.
En France, 11% des hospitalisation sont dues aux anti-coagulants, responsables hémorragies souvent graves. La surconsommation d'antibiotiques provoque de nombreuses multi-résistances, à l'origine indirectement de nombreuses infections demandant une hospitalisation
Quant aux interactions, traitements inutiles et dépendances (benzodiazépines)...
Ecrit par : Aneffet | 30 septembre 2009
@ Aneffet: la molécule est le Métronidazole.
Ecrit par : hommelibre | 30 septembre 2009
Médicaments et vaccins font partie de la grande industrie des maladies et de la mort, ils ne sont pas inventés pour soigner, mais pour gagner beaucoup d'argent. Car, en réalité, seules quelques dizaines de groupes de molécules sont vraiment utiles pour des traitements interventifs. Les centaines de milliers de produits emballés sous des noms différents sont souvent nocifs à moyen et long terme, voire dangereux. Les biologistes et chimistes de la pharmacopée sont souvent des apprentis sorciers plus soucieux de faire fortune que d'être utiles à la société.
La nature nous fournit suffisamment de quoi nous maintenir en bonne santé, c'est de l'usage raisonnable et éclairé de ce qu'elle produit qui lui donne toutes les vertus espérées. Les herboristes sont bien placés pour dispenser leurs conseils.
Dans mes lectures j'ai pensé que ces deux ouvrages vous feront plaisir, chers lecteurs et chers lectrices. J'espère que vous reviendrez sur le blog pour nous dire comment vous les avez appréciés.
Donc, prenez soin de votre santé sans trop vous "chimiser". Soyez d'abord à l'écoute de votre corps. Quoi qu'il arrive, accompagnez le, évitez lui les péripéties insurmontables consécutives à son abandon. Ne manquez plus à votre corps!
http://www.drdesforges.com/smartsection+item.itemid+50.htm
Ecrit par : Nepotin | 27 janvier 2010
La grippe A, je l'avais presque oublié. Je crois d'ailleurs que tout le monde l'a "presque" oublié, ne laissant qu'un vieux souvenir d'une cacophonie mondiale et principalement francophone ( On est pas français pour rien). D'ailleurs, on était pas sensé recevoir une nouvelle vague cette année ??
Ecrit par : Jogos de carros | 01 septembre 2010
Écrire un commentaire