Mort d’enfants: questions autour de deux procès

Deux procès défraient la chronique ces derniers jours. Celui de la mère d’Yverdon, dont la fillette de trois ans est morte en tombant par la fenêtre, et celui des deux enfants empoisonnés à Aix-en-Provence.

justice_off.jpgDans le premier cas, la mère a commis une négligence. Divorcée, elle a laissé sa fille de trois ans seule dans l’appartement. La petite est montée sur une chaise et s’est tuée en tombant du 6e étage.

La mère a passé une nuit de fête avec des amis. Nul doute que la mort de sa fille a été un choc. Mais comment laisser un enfant de cet âge seul toute la nuit? N’importe quoi peut arriver. Selon le père ce n’était pas la première fois que la fillette était laissée sans surveillance, et il avait plusieurs fois averti le Service de protection de la jeunesse. En vain.

Cette mère a tenté de maquiller son absence avant d’appeler une ambulance ou la police, plus occupée à se protéger qu’à assumer sa responsabilité ou de tenter quelque chose pour l’enfant. Elle ne peut s’en expliquer: «Le choc, selon son avocat, lui a fait perdre la mémoire.» Vrai ou pas? Bien pratique en tous les cas: on utilise encore le trouble psychique pour ne pas avoir à prendre clairement et pleinement ses responsabilités. Le trouble psychique est une ligne de défense assez systématique chez les femmes en justice. Stratégie? Si oui, inspirée par qui?

Le réquisitoire demande 10 mois de prison avec deux ans de sursis. L’irresponsabilité éducationnelle, la négligence, ne coûtent pas cher à leurs auteures. Et la Protection de la jeunesse est encore une fois épargnée malgré une non-réponse aux alertes lancées par le père.


Dans le double infanticide d’Aix-en-Provence le beau-père est condamné à 20 ans de prison, la mère à 10 ans. Elle affirme qu’elle ne savait rien. Il a été prouvé que ses enfants ont été drogués pendant 9 mois: elle n’aurait rien vu... Elle a participé au recel des corps. Son compagnon, après l’avoir initialement épargnée, l’a finalement mise en cause. Elle affirme avoir été sous emprise, incapable de réagir, et n’avoir rien vu. Encore cette ligne de défense de l’irresponsabilité et du trouble psychique - car comment nommer autrement une telle dépendance et un tel aveuglement s’ils sont véridiques? C’est une mode!

L’homme est condamné à une peine double de celle de la mère. Sans connaître le détail des éléments évalués par le jury, c’est quand-même assez dérangeant. Si la mère est irresponsable elle devait être acquittée ou internée. Sa condamnation à 10 ans de prison - peine lourde - montrent qu’elle a été estimée assez coupable malgré les doutes du jury. Alors, pourquoi la moitié de la peine de l’homme? Deux poids deux mesures, les femmes étant mieux traitées que les hommes en justice?

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Catégories : société 1 commentaire Lien permanent

Commentaires

  • 21 ans la mère.......

    Lollllll "«Le choc, selon son avocat, lui a fait perdre la mémoire.» "

    Oui?! Sûrement sa "perte de mémoire" pourrait expliquer:

    "Après le drame, elle avait mis un pyjama et avait dit à ses amis d'affirmer qu'elle n'avait pas quitté son domicile de la nuit." Et qu'elle a tenté, durant l'enquête,"de diluer sa responsabilité, accusant l'architecte de n'avoir pas conçu des fenêtres aux normes" (dixit Le Matin" ?! Une perte de mémoire qui a de la suite dans les idées.......

    L'homme étant le plus fort - idée préconçue qui a encore une longue vie devant elle - il encaisse plus que la "faible femme" ..........

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