Hélène Grimaud (malade) et Rachmaninov

Pour faire plaisir à ceux qui ont apprécié mon billet sur Stravinski, aux autres, et à moi-même, voici un autre moment de bonheur et d’extase.

grimaud3.jpgJ’aime Hélène Grimaud. Sa manière de jouer, intense, maîtrisée, lyrique et précise, à l’intention toujours claire. J’aime aussi son intelligence pointue, explicative, presque transparente, reliée à son ressenti. J’aime aussi sa nature sauvage, sa vie avec ses loups aux Etats-Unis. Mère de deux enfants adoptés, elle souffre hélas de problèmes de santé qui l’ont obligée à annuler sa participation à deux festivals d’été. Voir ici mon autre billet sur Hélène Grimaud.

J’aime Rachmaninov, compositeur que mon père aimait, et pour lequel j’ai un souvenir particulier - trop personnel pour être raconté - à propos du Concerto pour piano No 3. Voici  ce qui est dit du compositeur sur le site qui lui est consacré:
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«La vie de Sergueï Rachmaninov peut s'appréhender avec difficulté tant le personnage reste énigmatique voire incompris. Mais sans doute est-ce davantage par simplicité que par mystère que le compositeur russe "déroute" le biographe, car l'homme s'avérait essentiellement droit, généreux et réservé. Ce qui s’apparente à de l’austérité et de la sévérité (ne l’a-t-on pas qualifié de « puritain » ?) ne sont que les signes, non déchiffrés, non seulement d'une certaine timidité, mais d’un souci élevé d’authenticité et de modestie. Il existe en effet une disproportion singulière entre la raideur légendaire qui lui est attribuée et la profusion sentimentale et éclatante de certaines de ses pièces, souvent les plus populaires, disproportion qui se retrouve dans l’interprétation - impassible, rigoureuse, souvent peu expressive - qu'il donne de cette musique."

Alors, quand Hélène Grimaud joue Rachmaninov, ce ne peut être qu’un moment intense, une immersion dans deux univers que j’aime et qui se rejoignent en un seul.

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Catégories : Art et culture 10 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • moi aussi j'adore cette magnifique pianiste surtout quand on voit aussi le film shine et quand l'on sait qu'elle a vécue avec les loups. (l'agence tous risque) ne pas ce tromper savoir par coeur les partitions.

  • @ vivian: je n'ai pas vu le film Shine, mais je viens de lire une présentation, et cela donne envie. Merci pour l'info. Pour Hélène Grimaud, je n'ai pas trouvé de précisions sur sa maladie, elle a déjà dû annuler à fin 2008.

    Son expérience avec les loups est fascinante. Bref, une personnalité hors du commun et un talent fou!

  • Désolé de casser l'ambiance, mais je n'ai jamais été impressioné par les Rach de Grimaud. Tous les goûts sont dans la nature ;-).

    Le problème avec Rachmaninoff, c'est qu'on peut écouter le maître à l'oeuvre...

    http://www.youtube.com/watch?v=Z8ytY57u8_4

  • @ PtitSuisse: en effet, et c'est aussi intense de l'écouter. Mais un artiste sera réinterprété, c'est normal, et même d'autres interprètes peuvent mettre en valeur des aspects que l'auteur lui-même n'a pas vu. J'aime l'auteur par lui-même , mais je suis très sensible à Grimaud.

  • Et Martha ??? Elle est où MA Martha ?!? ;-)


    Aaaaaahhhhh !!! La voici:

    http://www.youtube.com/watch?v=_by8DpdAIPw&feature=related


    Presque aussi bien que Terry Jones !!

    http://vodpod.com/watch/156533-monty-python-tchaikovskys-piano-concerto-no-1



    Je sais, j'abuse !! Mais c'est tellement bon ! ;o)


    Allez... je file. You silly person !

  • Abusez, cher Brian, abusez! Tant Martha la magnifique au tempérament indomptable que mon petit python sont des régaux (un régal, des régaux, non?...).

  • Il est vrai qu'Hélène Grimaud est de santé fragile.
    Mais pour ce qui concerne l'annulation de sa participation au Festival de la Roque d'Anthéron et aux Chorégies d'Orange les 31 juillet et 3 aout prochains, je reste dubitatif quant au motif de santé invoqué.
    Comment pouvait-elle prévoir qu'elle serait malade pour ces représentations alors qu'actuellement elle ne l'est pas puisqu'elle continue à se produire en Allemagne et en Suisse ?

    Alors que j'avais réservé des places pour ces 2 concerts, je suis un peu désabusé par rapport à ce que je considère comme de la désinvolture.

  • @ admirateur déçu: J'ignorais qu'elle continue à jouer en Suisse, il me semble avoir lu qu'elle a aussi annulé. Dommage en effet, surtout dans le cadre prévu du sud!

  • J'ai toujours été subjugué par le jeu pianistique extrêmement viril d'Hélène Grimaud. Il est vrai que son discours est d'une construction forte et harmonieuse. Intelligibles, communicatifs, ses phrasés sont d'un graphisme net et raffiné. De la vraie maîtrise dans la sculpture de chacune des oeuvres qu'elle incarne. Aussi bien Rachmaninov que Beethoven ou Brahms.

    Elle fait partie de ces maîtres du piano comme Maurizio Pollini qui se sont fait à eux même l'école exigeante du savoir dire les choses, du savoir mettre en évidence à l'oreille ce que les yeux seraient capables de saisir, ce que le toucher aurait décelé: la matière travaillée jusqu'à la livraison du corps qui est l'oeuvre.

    Cette part de plus-value peu commune apportée dans l'interprétation... dans l'incarnation d'une oeuvre n'est quasiment jamais relevée. Est ce par manque de sincérité, de vocabulaire, de culture ? Ou est ce par habitude, par académisme, par manque d'intérêt que les chroniqueurs d'art et les professeurs instrumentistes se manquent à ces rendez-vous avec les limites et le drame du psittacidisme ?

    Transparente, c'est exactement le terme qui sied à son olympien portrait et à sa présence.
    Avec ou sans piano, Hélène est rayonnante, son regard semble parler à sa place et qui la rend encore plus belle et plus attirante.

    De tous les pianistes de notre temps, c'est ma préférée avec Pollini.
    Pollini ne joue plus guère, sans doute n'a-t-il plus grand chose à nous communiquer.

    Pollini. Sa sonate 29 de Beethoven opus 106, enregistrée chez Deutsche Gramophon est absolument fabuleuse. On croit vivre les trois dimensions du 18 siècle, la fomentation une nuit d'hiver.
    Le dernier mouvement (4è mouvement), une fugue, dans un grondement de tonnerre, semble faire renaître, au coeur du vacarme de ces milliers de pas qui battent le pavé, l'espoir de vie après une nuit interminable(3è mouvement) de longs sanglots entrecoupés de silences qui épient le lever du jour, le retour des forces. La force des convictions...

    Ah! Beethoven, l'intemporel, le progressiste et réformateur de la syntaxe, l'amoureux lucide, le brueugel de la musique, le Victor Hugo de son pays...

  • Oups ! une faute de frappe dans mon texte ci-desus. Il faut lire Psittacisme et non psittacidisme.

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