29 juin 2009

Procès en appel Khalid Naji (2): l'experte qui dérape

Fin de journée à Chaumont, où la chaleur de fin d’après-midi a rendu difficile l’écoute des témoins. Et pourtant, le Président de la Cour d’Assise est toujours attentif, pointu, rendant l’essentiel des témoignages et posant ouvertement les bonnes questions que chacun se pose.


tourisme-hm2.jpgUn vrai juge, qui fait du bon travail, qui connaît le dossier sur le bout des doigts. Cela fait du bien. Nous n’en serions pas là si ce travail professionnel avait été fait dès le premier procès, et même dès l’instruction dont les faiblesses ont été soulignées à trois reprises.

Je n’en dirai pas trop, ne voulant anticiper sur la deuxième journée ni donner des arguments à la partie civile - Solidarité Femmes - qui, je le sais lit attentivement mes billets. Au point d’avoir ce soir mis au débat une copie de mon billet du 24 janvier dernier sur le rôle trouble de cette association. Une balle dans le pied?

Episode épique: le témoignage de l’experte en médecine légale. Elle avait pour mission de réaliser un examen corporel complet avec pour objectif de constater et de dater d’éventuelles violences sexuelles. Or elle n’en a rien fait. Elle a vu la plaignante en miettes, et n’a pas osé lui imposer cet examen. Mais comme elle est également psychiatre, elle a fait une analyse hors de l’objet de sa mission! Et sans aucun recul, elle a affirmé que pour elle les propos de la plaignante sont réels - ce qu’un thérapeute ne peut, ne DOIT jamais affirmer pour la simple raison qu’il n’y était pas. Elle a pourtant pris parti. Faute professionnelle. Pas besoin d’avoir inventer la poudre pour être expert. Et dire que ces gens influencent la justice!

Et cerise sur le gâteau, elle annonce que la plaignante lui a été adressée par Solidarité Femmes! Y a-t-il eu coaching? La plaignante a-t-elle été informée des attitudes à prendre, des propos à tenir?

De toutes façons il y a problème: Les premiers témoignages de viols ayant circulé sur le net depuis longtemps, n’importe peut les lire et s’en inspirer. Et les psy plongent, tant personne n’ose questionner les présumées victimes.

Reste une question: comment peut-on être aussi crédible aux yeux des experts quand on fait une fausse accusation?

Cela me rappelle mes 5 jours d’armées. Je n’ai guère été citoyen à cette époque, et je m’en suis voulu plus tard. J’ai joué une forme de psychose, avec les attitudes, les postures  corporelles, le ton de voix, les mots, les regards qui ont convaincu le psy de l’armée en une séance: réformé!

On peut donc parfaitement entrer dans un rôle et y faire croire - voire y croire soi-même. Et pas de doute qu’une personne qui commet une fausse accusation est traumatisée: la gravité de son acte doit la casser émotionnellement. Donc elle se présente traumatisée. Et le (vilain) tour est joué.

Bon, la suite demain.

 

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