La non-domination (2): la question de l’autorité

Suite à mon précédent billet de février, j’aimerais aborder ici a question de l’autorité. Vaste sujet, vaste débat d’actualité.

autorité.jpgIl y a parfois confusion autour du mot. Je cite Daniel Faivre, écrivain:

“Suivons l’étymologie. Le nom vient du verbe latin augere qui signifie augmenter, développer, rendre plus fort. C’est toute la beauté du lien entre le professeur et son élève : rehausser celui-ci, l’enrichir ; ce rapport repose sur le crédit, le poids accordés aux connaissances de l’auctor, du professeur.”

On confond souvent autorité et pouvoir. Ce sont pourtant deux choses très différentes, même si parfois elles peuvent être associées. Le cas de l’enseignant illustre bien la notion d’autorité.

On lui reconnaît un savoir, une compétence, un savoir-faire de nature à augmenter l’élève. La validation de ses compétences et sa reconnaissance par l’institution lui confèrent son autorité. L’élève qui apprend du professeur n’est pas dans un rapport de soumission, il ne doit pas obéir, mais reconnaître au professeur ses compétences à le faire grandir, et se comporter de manière adéquate à accueillir cette transmission.

Une véritable autorité ne devrait pas détenir le pouvoir de punir. Dans l’école, c’est la fonction du directeur, et des adjoints qu’ils désigne pour cette tâche. De même elle ne doit pas se faire accepter par du favoritisme ou autre, il y aurait alors un dérapage personnel très éloigné de la notion de transmission de savoirs. Cette répartition au sein de l’école est indispensable pour ne pas faire du professeur un flic. La révolte de 68 contre l’autorité avait du sens: car l’autorité d’alors était coercitive, comme un gradé à l’armée peut envoyé au trou un soldat récalcitrant. La violence ou la contrainte ne font pas bon ménage avec l’autorité.

Ainsi les notes de comportement à l’école ne doivent pas être punitives, mais révélatrices de l’adéquation ou non de l’élève à accueillir la transmission des savoirs. L’autorité doit donc être expliquée afin d’être acceptée, et légitimée par les compétences - y compris pédagogiques - afin d’être reconnue.

Le retour de l’autorité ne devrait pas être l’occasion d’une revanche des petits chefs. Le professeur doit être attentif à ne pas confondre la domination et la punition avec le respect et le cadrage.

Une autorité peut déborder de son cadre et devenir contrainte et domination. Cela signifie que les professeurs doivent être non seulement formés intellectuellement à la pédagogie, mais avoir acquis eux-même un comportement de non-domination.

L’école qui punissait, contraignait, formatait sans expliquer a été un des ferments de la révolte de 68. La nouvelle autorité sera intelligente, ferme, explicative, juste, mesurée, ou elle échouera en tombant dans une nouvelle problématique de domination.

 

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Commentaires

  • Salutations,

    http://video.google.fr/videoplay?docid=-6236239516470072435

    Bon voyage! ^^

  • @ Quentin: merci. Le concept de l'autorité suscite plus de débat quand il s'agit de serrer la vis, rétablir l'ordre, se ranger dans une seule ligne derrière le chef...

    "Sur mes cahiers d'écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable de neige
    J'écris ton nom

    ...

    Et par le pouvoir d'un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer

    Liberté."

    Ce poème de Paul Eluard, que chacun peut trouver en entier sur le net et dans toute bonne anthologie, a encore beaucoup d'avenir.

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