Outreau: le juge Burgaud réprimandé

Le Conseil Supérieur de la Magistrature a pris sa décision: réprimande pour le juge Burgaud avec inscription dans son dossier.

Outreau.jpgSes anciennes victimes sont surprises de la légèreté de la sentence. C’est la plus légère de toutes les sanctions mises à disposition. En effet, on peut se demander quelle est la proportionnalité entre les conséquences de son instruction et cette sanction. Il semble qu’il n’y ait pas de proportionnalité. Il semble que le CSM pouvait difficilement faire autrement qu’infliger une sanction, mais qu’il l’a fait du bout des lèvres.

Le charger lourdement de tout le blâme aurait été une autre injustice. Car il n’était pas seul, d’autres ont soutenu son instruction à charge, ou à tout le moins ne l’ont pas fait changer de méthode ni d’attitude. Tous étaient peut-être pris dans une frénésie, l’affaire Dutroux était encore très fraîche dans les mémoires.

Cette sanction sera ressentie comme une faute par sa légèreté. Mais c’est le système judiciaire qui est en cause, et le système médiatique. La chaîne de responsabilité inclut la presse qui s’est précipitée sur l’affaire comme des vautours sur une carcasse. Et qui l’a amplifiée. Une des erreurs du Parquet a été de donner trop d’informations non vérifiées à cette presse.

La chaîne de responsabilité inclut aussi les magistrats qui ont validé cette instruction, qui sont allés trop loin sans états d’âme. Avaient-ils les moyens de réaliser la dérive? Difficile à affirmer, mais certainement le dossier n’a pas été traité avec rigueur et impartialité, et mettre un seul juge, jeune et sans expérience, sur une telle affaire était une évaluation incorrecte de la situation.

Ce qui ressort de cette affaire est donc le manque de rigueur, l’impartialité de la justice, l’acharnement médiatique. La justice ne sait pas reconnaître ses erreurs et comme les juges sont jugés par leurs pairs, cette justice est une forteresse trop opaque pour inspirer confiance. Le CSM devrait être composé de plus de non-magistrats, comme pour un jury. Après tout si l’on fait confiance à un jury pour décider de la vie d’un accusé, pourquoi n’en serait-il pas de même pour prendre des sanctions contre un juge? Les juges sont-ils au-dessus de la loi? La forteresse est-elle donc définitivement fermée à toute auto-critique?

La justice ne serait pas affaiblie par une auto-critique, au contraire elle gagnerait en respect et en crédit. Toutefois, il semble qu’actuellement aucune réforme ne s’annonce qui tienne compte de cette affaire d’Outreau. Qui donc, malheureusement, ne sera pas la dernière.

 

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Commentaires

  • "réprimandé..."....il méritait la tôle ce pourri...

  • Je suis d'accord avec votre commentaire M. Goetelen. C'est effectivement un ensemble d'éléments qui a joué dans cette affreuse affaire. Faire porter le chapeau à ce seul petit Juge ne serait pas juste.
    Par contre, je pense qu'aujourd'hui la justice a quand même fait un grand pas dans le traitement de ce genre de dossiers alors qu'à l'époque, comme vous le dites si justement, l'émergence du problème était due en partie à l'affaire Dutroux mais la justice n'était pas préparée à la gestion de ces affaires sordides, d'ou ce couac inomable d'Outreau.
    Je pense qu'aujourd'hui on appréhense nettement mieux ces affaires.

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