Hommelibre: épilogue judiciaire (2e partie): vers la lumière

Suite à mon billet de ce matin, je complète l’infiormation par des considérations plus personnelles, et par une information… surprenante.

Paysage-JG.jpgDécider de lâcher est étrange. Je ne ressens pas (pas encore?) de libération. Ce n’est pas un aboutissement. Dans ma vie j’essaie de travailler et faire travailler sur la notion d’aboutissement: dans la maladie, dans les stress de vie, dans bien des domaines, aboutir permet de passer à autre chose sans résidu. C’est plus qu’une catharsis: c’est un vrai passage. C'est ce que j'appelle le cycle de l'énergie: aboutir termine un processus.

Je ferai sans cet aboutissement. Ou peut-être viendra-t-il par un chemin inattendu? Depuis ma décision je suis partagé entre un flottement, une tristesse - peut-être puis-je enfin laisser passer cette émotion plutôt qu’une colère juste mais sans effet - et la satisfaction de mon choix. Il est parfois aléatoire de faire la part des choses entre une légitime requête en réparation, et le désir de vengeance sous-jacent. A force, les choses se mélangent.
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Arrêter, c’est reprendre la totalité de ma vie à mon compte, ce qui est dans mes objectifs personnels. C’est aussi faire la balance entre les bénéfices et les pertes d’une démarche difficile. Mais comme le soulignait ce matin Azraël dans son commentaire citant Francis Bacon: “Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures”.

Arrêter c’est aussi redéfinir mes priorités: ma vie n’est pas vouée à être freinée par un tel boulet. Accepter une injustice: qui ne doit pas le faire dans sa vie? Je ne sais si j’y gagne en grandeur d’âme, mais peut-être en sagesse et certainement en énergie.

Et puis il fait un si beau soleil, un ciel lumineux comme je les aime, cela m’appelle ailleurs, vers les espaces de bonheur de ma vie. Retrouver la beauté des paysages qui m’inspirent, la dose de paix dont j’ai aussi besoin, regarder le monde sans ce filtre. Rencontrer des regards en transparence, sans cet arrière-plan chargé pour lequel je ne suis pas fait. Me retrouver entièrement.

CouchersDeSoleil09Fond#1.jpgJe suis très touché des témoignages que je reçois suite à cette décision, ils réveillent mes bonnes émotions, ils me comblent car j’en perçois la sincérité et l’amitié. Je suis vraiment ému de cela, j’aime cette humanité.

Une dernière réflexion au sujet de l’accusatrice. Sa conscience lui appartient, elle devra vivre avec cela. Mais juste au moment où le délai de recours est dépassé (elle en est avertie puisqu’elle a reçu la décision de classement), elle m’écrit ceci (elle avait fait une formation en massage dans mon école, en plus de travailler avec moi, mais elle n’avait pas tout fini):

 

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Cela montre qu’elle n’a pas perdu le nord et qu’il s’agissait peut-être de quelque chose de l’ordre de la vengeance. Cela lui appartient. Pourrais-je accepter qu’elle revienne finir sa formation? C’est au conseil de l’Ecole de Soins Naturels d’en décider. Je me plierai à sa décision.

Voilà pour ce billet. Il y aura d’autres combats, d’autres bonheurs, d’autres épreuves. Avec le temps je ferai de celle-ci un plus dans ma vie. Je polémiquerai encore sur ces pages, ou je partagerai mes rêves et mes convictions, je me ferai tacler ou pas, la vie qui va, quoi!

Merci à celles et ceux qui m’ont soutenu. Vous et mes proches avez été importants pour moi.

 

Allez, je mets une musique que j'adore (Only a memory, de Yanni)


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Catégories : société 13 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Vous n'auriez pas pu choisir meilleur moment que le printemps pour cette sage décision!

    Je vous souhaite bonne route.

    Mais une question me tarabuste, maintenant que vous avez choisi de lâcher prise, serez-vous plutôt scarabée ou papillon?

    :-)

  • Ooouops... oublié de mettre 2 documents dans le billet. C'est fait.

  • Cela dépendra de la fleur...

    La fleur que j'attends sait que je l'attends. Elle me préfèrera peut-être scarabée, mais je crois qu'elle acceptera mes envols dans la lumière... pourvu que je m'attache à la tanière...

    Connaissez-vous le lilas d'été, autrement nommé l'Arbre à papillons? Il y vient des dizaines de papillons quand il est en fleurs.

    Pour ma part, j'aimerais assez être un hybride scarabée-papillon, scarabée égyptien de la résurrection, de l'ancrage et de l'éternité, papillon léger et vibrant dans l'instant éphémère des souffles de vents pareils à des haleines parfumées, chaudes et fugaces...

    Bien à vous Pascale, et merci.

  • John , malgré toutes les divergences que nous avons eu et qui surement nous auront sur ces blogs,concernant l'argument femme ,féminisme ..

    je voulais vous dire que je suis désolée de ce qui vous arrive, et que quoi qu'il arrive, pour moi vous êtes un bon thérapeute guérisseur, d'ailleurs j'ai fait ce que vous avez écrit sur le rhum de foin et je vais beaucoup mieux ..vous voyez que mon être féministe ne m'empoche pas de voir ce qui est juste, quand je le vois.

    je vous souhaite de meilleures rencontres avec la gens féminine et un retour à une normalité , si on peut en avoir encore une après avoir été sali de la sorte.

    il y a beaucoup de femmes gentilles et honnêtes je ne veux pas que vous restiez avec cet image de nous ...

  • @ luzia:

    Ce que vous écrivez me touche beaucoup. Je vous en remercie sincèrement, et je suis heureux que malgré nos controverses parfois âpres, nous puissions trouver un petit oasis de compréhension. J'apprécie vraiment le geste que vous faites en m'écrivant ceci.

    Certes nous aurons encore des débats, et des contradictions. Je voudrais quand-même vous dire que si je suis assez opposé à un "certain" féminisme, et si j'ai vécu une expérience douloureuse, je fais la part des choses. Je connais et ai connu des femmes bien, honnêtes, loyales. Je n'oublie pas non plus que tous les hommes ne sont pas des saints, et que par ailleurs j'ai aussi mes côtés pas simple, comme tout le monde.

    En tous els cas merci encore. Et très content que votre allergie aille mieux!

    Bien à vous.

    PS: j'allais envoyer mon commentaire, et j'ai encore envie de vous dire que c'est un réel plaisir de vous lire aujourd'hui. Et merci pour votre soutien.

  • Bonjour Hommelibre,

    Je me joins aux félicitations car la décision que vous avez prise est bonne, il faut mettre une pierre sur le passé et tourner la page. Je vous souhaite de remplir à l'avenir des pages blanches, sans aucunes filigranes.

  • Merci Loredana. Dommage que nous ne nous soyons pas vus hier midi. Ce sera pour une autre fois.

    Bien à vous.

  • Ah bon, une autre manif est déjà agendée ??

  • Traîner ses "boulets" sur son chemin, avoir le courage de se retourner, leur filer un coup de pied pour les envoyer dans le fossé, et repartir bien plus léger. Vous en êtes là aujourd'hui monsieur John, et c'est une grande joie pour ceux qui vous aiment, j'en suis certaine ! je ne vous connais pas mais j'ai le sentiment que tout le monde ici (y compris moi!) se sent très proche de vous et de ce que vous vivez. Alors bravo pour votre décision !

    Mon papa me dit toujours : "Tout passe, ma cocotte, tout passe".

    Vous n'êtes pas la cocotte de mon papa, mais c'est en tout cas ce que je vous souhaite de tout coeur :-)

  • oups...je me relis et...et je voulais dire que je vous souhaite non pas d'être une cocotte à son papa, mais que tout passe ! héhé trop drôle :-) pardon !

  • L'état dans lequel vous vous trouvez, cher Hommelibre, est plus que normal. Décider de lâcher prise ne signifie pas qu'on lâche effectivement prise : la libération s'opère souvent à travers des sentiments de tristesse profonde (entre autres) qui accompagne un deuil de ce qu'on sait avoir définitivement perdu mais sans vouloir y croire!

    Vous venez de sortir d'années de procédures et vous avez dû certainement les vivre comme un combat de Goliath et de David.

    De tout coeur avec vous dans cette épreuve car la libération en est une! Elle n'est malheureusement pas synonyme de légèreté.

  • @ Louise: Merci de tout coeur, vos propos me vont bien, y compris l'humour! Continuer à me battre sur cette procédure aurait été continuer à donner du pouvoir à d'autres sur ma vie. Je crois qu'ils en ont déjà eu trop. Ma décision me donne de la force, et les soutiens que je reçois me nourrissent de ce qu'il y a de bon et d'essentiel dans l'humanité. Merci encore!

    @ Micheline: oui, et j'accepte cette phase de transition où l'état intérieur de liberté prendra encore un peu de temps par rapport au moment de ma décision. J'ai en tous les cas très fortement le sentiment d'avoir pris une décision importante pour ma vie, d'avoir repris le mouvement, ou la barre. J'accepte ce qui doit venir, et avoir repris ma liberté en lâchant, c'est déjà être dans cette liberté. J'en ressens déjà le frisson! Merci encore pour votre compréhension et accueil. Et comme dit le papa de Louise, tout passera. La vie est plus belle que les imprécations qu'on peut parfois être tenté de lui faire. J'ai trop besoin de me retrouver complètement pour ne pas repartir avec confiance - sans confiance dans la vie je serais éteint. Je n'ai pas envie d'être éteint, j'ai envie de vivre!

  • Yo, Hommelibre!

    D'un point de vue impersonnel, tu as injecté dans l'entité "justice" le feu de ta révolte face au constat de ses imperfections et ses faiblesses, feu qui transforme la colère, qui l'élève et élève ce et ceux qu'elle touche... Ta participation à la lente alchimie d'une justice plus digne, moins négligente (liste non exhaustive...) a été entière et honnête, ce qui est un beau don à tous.

    "Papillon, scarabée"... dit un commentaire. Le voeu de mon coeur est que la grâce du Cygne soit tienne sur les eaux du lac du Grand Désir.

    Frank

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