Une banque licencie mais verse 70 millions à ses traders

La banque Natixis, basée en France, emploie environ 25’000 personnes sur le territoire français et à l’étranger. Elle est déficitaire à hauteur de 2,8 milliards d’euros.

Natixis.jpgElle a reçu 1,9 milliards de l’Etat au titre du plan de soutien aux banques, et a donc des comptes à rendre à la collectivité publique. Elle a aussi été recapitalisée en tout à hauteur de 5,6 milliards d’euros.

On annonçait qu’elle aurait versé 90 millions d’euros à ses traders. Elle confirme 70 millions après déductions patronales, versés à 3’000 de ses employés, soit un peu plus de 10% d’entre eux.

Dans le même temps, elle licencie, supprime ou encourage le départ volontaire d’environ 1’400 collaborateurs.

D’une part, elle verse donc en partie de l’argent donné par l’Etat, soit les contribuables. Les traders disent merci aux français...

D’autre part, 90 millions d’euros divisés par 1’400 licenciés ou poussés au départ, ce fait un peu plus de 60’000 € par licencié. Lesquels auraient donc pu garder leur poste en cette période de crise.

Je ne suis pas communiste, mais j’aimerais quand-même que l’on m’explique la logique de l’entreprise. On peut me dire que les bénéficiaires vont réinvestir et créer des postes de travail. Peut-être, mais pas prouvé. Par contre les employés licenciés pourraient ne rien coûter à l’Etat, en indemnités chômage, dépenser leur argent et rapporter en TVA et taxes diverses. Ce qui est une autre façon d’investir - car consommer c’est faire tourner les entreprises.

J’aimerais que l’on m’explique cette absence de solidarité sociale, cette façon de scier la branche sur laquelle on est assis. Les dirigeants économiques sont-ils suicidaires? Ce n’est pas être purement étatiste - je ne le suis pas - que de parler de répartition, de sagesse et de solidarité.

C’est juste poser les questions que ce genre de pratique suscite. Mais se posent-ils des questions, au-delà du prix de leur prochaine Mercedes?  Oui, cela en devient caricatural.

La pub de Natixis parle de sens de l’engagement et d’esprit d’équipe. Ca ne mange pas de pain de le prétendre.

 

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Catégories : société 5 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Il faut déjà admettre que les interventions publics pour sauver les banques ont tournés à l'excés.A se demander si les nation ne font pas une course à celui qui aura le plus aidés les secteur financier.

    Deuxièmement,toute ces aides à des entreprises privées,ont ce problème que toute décisions de la direction qui ne plait pas,tourneent à l'affaire politique.Il aurait mieux fallut ciblé plus intelligeament ces aides et laisser les entreprises insolvables faire faillite.Après celà les bamques continuront à ce prêter et faire circuler l'argent.Tant que la confiance entre les banques n'est pas rétablis par peur d'insolvabilité d'une partie d'entre-elle,l'économie ne vas pas redémarer.En tout cas c'est l'une des raisons principales de la situation qui ne redémare pas.

    D.J

  • "parler de répartition, de sagesse et de solidarité."

    Egoïsme, cupidité, chacun pour soi et j'emmerde les autres, telle est la devise du capitalisme. Rien de nouveau sous le soleil.

    Plus une population est nombreuse, plus ce genre de comportement va se multiplier. Jusqu'à le prochaine guerre.

    C'est quoi le "communisme", selon vous?

    Pour moi, c'est une société solidaire, où chacun dispose des ressources nécessaires et où règne la justice sociale. Une utopie quoi. Une approche serait d'avoir une démocratie politique et économique. Actuellement nous sommes en pleine féodalité économique. Et la soi-disant démocratie politique comme en France, etc. est une mascarade. On avait les monarchies éclairées, maintenant on a les présidences incompétentes sauf pour préserver à tout prix la féodalité économique. La masse paiera.

    La Suisse s'est construite sur le rejet des juges étrangers. Toute la classe politique pratiquement ne rêve que de s'y soumettre. Il n'y a aucune vision d'avenir, chacun ne pense égoïstement qu'à sa carrière et à se pousser du cul.

    Attendons la fin du pétrole. Alors les pénuries alimentaires pousseront vraiment les gens à se révolter et à exproprier tout ce que les capitalistes ont accumulé par le vol et l'extorsion.

  • "Attendons la fin du pétrole. Alors les pénuries alimentaires pousseront vraiment les gens à se révolter et à exproprier tout ce que les capitalistes ont accumulé par le vol et l'extorsion."

    Les pénuries et le vol des richesses ains que l'extorsion jusqu'à présent,ont été l'oeuvre du communisme et non du capitalisme.Je vous défie de me trouver un systhème non capitaliste,qui fait profiter les richesses produites au plus grand nombre.

    D.J

  • @ Johann: la cupidité n'est pas plus de gauche que de droite que d'en haut ou d'en bas. Elle habite l'humain partour. Je ne crois pas qu'on puisse établir cette solidarité par un système politique: il faut la conscience, la bienveillance, la volonté de voir plus loin que soi, et de voir que nous sommes une partie d'un ensemble. Tout système politique supposera une délégation, qui entraîne une concentration, même si la délégation change vite. D'ailleurs pour faire respecter les lois de quelque système, y compris dans un communisme supposé humaniste et éclairé, il faudra une force, donc une concentration. La conscience est l'ingrédient indispensable à toute communauté humaine. Actuellement il y a visiblement un déficit de conscience. en occident.

  • "Actuellement il y a visiblement un déficit de conscience. en occident."

    Oui, sauf qu'il y a toujours eu, pas seulement actuellement.

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