Centre spécial pour filles rebelles

Sous ce titre France 3 proposait hier soir un film documentaire bien fait et sensible. La réalisatrice Danièle Alet a suivi pendant plusieurs semaines 4 adolescentes au casier judiciaire chargé.

Rebelles2.jpgToutes multirécidivistes, elles ont entre 15 et 17 ans. Les actes commis devraient leur valoir la prison: violence aggravée, tentative de meurtre, vol de voiture et conduite en état d’ivresse. A 15 ans c’est du lourd.

Depuis 2002 existent en France les Centre Educatifs Fermés. Les ados sont placés là pour 6 mois. 6 mois pour reprendre leur vie en main et éviter la prison. Certes ces centres sont fermés, comme une prison. Mais il n’y a pas de contacts avec des délinquants endurcis. De plus elles ont un programme de rescolarisation pour remettre le pied à l’étrier, des cours de sports, et bénéficient d’un environnement attentif: profs, psychologues, animateurs sociaux, environ 3 adultes pour une ado. Les problèmes de comportement y sont discutés régulièrement.

La prison les laisseraient à elles-même: le CEF les soutient et les remet dans la vie. Car ces ados sont souvent laissées à elles-mêmes. Les carences ou maltraitances familiales les ont obligées à se construire toutes seules, à la sauvage. Elles ont abandonné l’école et n’ont plus d’autre avenir que la violence.

Les CEF sont parfois critiqués, et certes cela coûte cher, mais le résultat est encourageant: plus de la moitié des ados qui en sortent ne récidivent pas. Mieux vaut dépenser l’argent en amont et leur permettre de se reconstruire une vie normale, que payer pour emprisonner ensuite des adultes qui passeront parfois plus de la moitié de leur vie en prison.

Ce film décrit avec finesse et pudeur la vie de 4 ados enfermées dans un centre, avec les bons moments, les crises, les rébellions agressives, les nouvelles perspectives qui s’ouvrent à elles. Et si elles restent fragiles, à fleur de peau, la possibilité d’une nouvelle vie est réelle et certaines saisissent leur chance.

On est loin du tout répressif agressif de Sarkozy-Dati ou de l’encadrement militaire débile cher à Ségolène Royal.

Ici on est dans l’humain, dans le mélange équilibré entre la fermeté et l’écoute, entre la pose de limites claires et le soutien. L’intelligence et l’humanité des intervenants était soulignée discrètement par la réalisatrice, qui a fait là un documentaire particulièrement intéressant. A voir si France 3 le rediffuse.


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