Otages de Kadhafi: la Suisse fait-elle marche arrière?

La Tribune d’hier présentait l’état des négociations, dans un long article sous la plume de Fedele Mendicino. Les informations divulguées préparent-elle une marche arrière de la Suisse?

kadhafi4.jpgOn apprend qu’un comité représentant les deux parties s’est réuni plusieurs fois secrètement cet automne. Et l’un des membres suisse de ce comité, dont le nom n’est dévidence pas cité, a fourni au quotidien genevois des procès-verbaux confidentiels surprenants.

Certaines des informations divulguées hier n’avaient me semble-t-il jamais été données au public. Le membre du comité juge l’arrestation disproportionnée: “Les menottes n’étaient pas nécessaires, la préparation de la police était insuffisante”.

Selon le camp lybien, “la police aurait dû convoquer, et non arrêter, les époux...” Qui rajoute: “Il ne s’agissait ni d’un viol ni d’une agression avec blessures grave et usage d’armes. Et il n’y avait pas de danger de fuite puisqu’Aline était venue accoucher à Genève”.

On apprend aussi que les autorités Genevoises, qui avaient consulté Berne, avaient été averties des conséquences politiques et diplomatiques de l’arrestation. L’ambassadeur suisse en charge de ces questions avait demandé par courriel au Parquet “de bien s’assurer que la police prenne toutes les précautions d’usage lors de l’intervention”. Les lybiens affirment que cela n’a pas été le cas.

Bref, d’une certaine manière la divulgation de ces informations auprès d’un journaliste ressemble à un début de mea culpa.

S’il se vérifie que la police a agit à la légère (rappelons que la femme d’Hannibal allait accoucher) et que la Justice genevoise a validé la procédure, ladite justice nous aurait mis dans de beaux draps...

Il semble à tout le moins que la Suisse n’est pas exempte de critique suite à ces révélations. Qu’en est-il vraiment?

Même si cela était, la prise en otage de deux citoyens suisses à Tripoli en rétorsion à l’arrestation du couple Kadhafi n’est en aucun cas justifiable. La Lybie veut donner une leçon de droit international à notre pays. C'est l'hôpital qui se moque de la charité. Il serait bien qu’elle balaie devant sa porte. La prise d’otage est un acte voyou et criminel.

Mais voilà, la Suisse est bien seule dans cette affaire: les grands pays ont normalisé leurs relations avec le dictateur, et aucun ne viendra nous aider.

Berne joue la montre, lit-on aujourd’hui.

Au mépris de nos deux concitoyens. Auxquels nous souhaitons quand-même un Noël tranquille et chaleureux.

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Commentaires

  • "Otages de Kadhafi: la Suisse fait-elle marche arrière?" avec en plus Poncet qui lui tend un croche-patte.

    D.J

  • il est triste que 2 suisses soient retenus en Libye sans raisons valables si ce n'est la volonté d'un dictateur qui pense donner des leçons de bons comportements et de justice.

    les suisses devraient boycotter ce pays et tout ce qui s'y rapporte.


    souhaitons à Mr Poncet qu'il puisse faire entendre raison à ce "dirigent" qui a bien foulé les droits des infirmières bulgares en les retenant dans ses prisons et il ose demander réparation !!!!!!!!!

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