Zimbabwe: l’armée attaque des civils

Les images ci-après montrent des soldats qui, n’étant plus payés. s’en prennent aux civils. D’ailleurs aucune administration n’est plus payée. Le pays sombre sous nos yeux, et rien ne se passe que l’oppression et la mort.

Je ne suis jamais allé au Zimbabwe. De l’Afrique noire, je connais le Nigéria où j’ai vu travailler des guérisseurs traditionnels, et un peu le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Mais j’ai fait un jour un rêve très beau sur le Zimbabwe. J’en ai fait une chanson, et je reste - allez savoir pourquoi - attaché à ce pays. Ses paysages sont dans mes yeux au travers de photos et de vidéos. La sonorité même de son nom: Zimbabwe, danse dans mon corps.

Les images qui suivent datent de début décembre. Aujourd’hui on annonce plus de 1’000 morts du choléra, et 60’000 personnes menacées. En plus de la famine, des meurtres, de la déliquescence des structures sociales et économiques du pays.




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Catégories : société 10 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bonsoir Hommelibre,
    Je suis bien attristée pour le Zimbabwe, et, comme pour le Rwanda voici quelques années et la Darfour depuis, que faire? à part dénoncer, ce que tu fais?

  • Mais que fait donc Ziegler !?

  • Blondesen: Jean-Jean fait le paon, fait la roue, fait le beau, fait néant sur le Zimbabwe. Pas un mot. Entendez-vous le silence de Jean-Jean? Silence profond comme la tombe d'un enfant mort du choléra, comme le visage de sa mère morte de faim, comme le regard de son père hagard dans la plaine, comme le coeur des opprimés du Zimbabwe. Silence insignifiant comme l'ombre de ses imprécations. Silence soumis du traître devant les dictateurs.

  • Hummm, je sais bien que vous ne l'aimez pas et qu'il n'est pas défendable pour vous ce Jean-Jean, mais c'est peut-être le silence de la honte plutôt que celui du traître?

    C'est ce que j'aime à croire.

    +1 pour arkencielle, c'est déchirant mais que faire? (à part condamner les silencieux...)

  • Ce Mugabe est pire que Ceausescu de sinistre mémoire.

  • ils se sont battus pour mettre Ian Smith dehors, pourquoi ne se battent-ils plus pour mettre Mugabe dehors ?

  • Pascale, je vous l'accorde: c'est peut-être la honte. Et une gêne incommensurable. Le drame du Zimbabwe ne tombe pas vraiment très bien, au moment de la sortie de son livre et après qu'il ait soutenu Mugabe pendant tant d'années, alors que la dérive politique du dictateur était déjà patente.

    L'avoir traité de fou en juin 2008 seulement, c'était un peu tard. Et puis c'est embêtant: cette Afrique qui devait être forcément victime dans son idéologie anti-blancs et anti-occident, elle produit des bourreaux de la pire espèce. La liste est longue: Amin Dada, Bokassa, Mobutu, etc. Embêtant pour son fond de commerce.

    Et honteux, en effet, s'il dispose d'une conscience humanitaire - ce que je veux bien croire même si elle est déformée par son idéologie et si les drames qu'il dénonce sont instrumentalisés pour justement valider ladite idéologie. Voilà pourquoi Jean-Jean est éminamment critiquable à mes yeux. Et parce qu'il attise le feu, qu'il met dans le même sac tous les blancs (racisme?) et occidentaux, sauf bien sûr ceux de son bord politique, et parce qu'il nous accuse tous d'être responsables des souffrances des pays du sud.

    Peut-être en effet, que sa "traîtrise" culturelle est moins importante que sa honte de voir les pays africains se détruire eux-même, sans notre "aide", la honte de voir que leurs propres dirigeants se soucient des populations comme de l'an quarante, la honte d'avoir justifié ce Mugabe dont le peuple crève sous les yeux du monde. Le Darfour, le Ruanda, la RDC, le Zimbabwe: autant de vitrines macabres dans lesquelles son idéologie ne saurait trouver de place.


    @ debbie: bonne question. Peut-être parce qu'à l'époque ils étaient unis, alors qu'aujourd'hui une guerre civile tournerait en massacre. Peut-être parce qu'ils craignent (ou respectent?) encore celui en qui ils avaient placé leur confiance. Il faut du temps pour défaire une loyauté. Peut-être aussi parce qu'ils n'en ont plus la force dans la tension quotidienne pour une survie des plus précaires. Mais peut-être que, l'armée n'étant plus payée, elle se retournera contre son maître. En espérant qu'il n'y aura pas un jeune officier ambitieux, genre Khadafi, qui prenne le pouvoir et vole la démocratie.

  • Ce pays jadis fort riche est tombé dans la misère totale grâce à 1 seul homme dément qui est aux commandes. Cessons de culpabiliser sur la famine et autres atrocités en Afrique car dans la majorité des cas, les luttes tribales, les intérêts sur les matières premières, la corruption des fonctionnaires sont les causes premières de la misère africaine.

  • En effet, demain. En RDC, cette guerre qui dure depuis 15 ans pour le contrôle du Kivu est motivée par les nombreuses richesses de cette province. Au Soudan, c'est la colonisation chinoise qui s'impose pour la mainmise sur le pétrole. Etc. Ils n'ont pas besoin de nous pour s'entredéchirer, et hélas ce sont là comme ailleurs les populations civiles qui paient le prix lourds.

  • ET LES ALBINOS DU ZIMBABWE ?


    Deux ans après l’arrivée de Mugabe au pouvoir, je me promenai dans les rues d’Harare et constatai avec la plus grande innocence que beaucoup d’Américains ou d’Anglais se baladaient dans les rues d’Harare avec leur sac à dos, fatigués, s’asseyant sur les trottoirs et mendiaient. Je m’approchai et vis qu’il s’agissait en réalité de Zimbabwéens albinos. Quelle ne fût pas ma surprise !
    Ces visages dévorés par le soleil aux lèvres desséchées, ces hommes et femmes pourchassés de toutes parts. La plupart devenaient fous et erraient dans les grandes avenues de Harare, à bout de force, incapables de se protéger du soleil. Sans mélanine sur la peau sujette aux coups de soleil et qu’ils avaient blanche malgré des traits négroïdes, des yeux qui ne voient guère de près, des cheveux qu’ils avaient quasiment blancs, et finalement si vulnérables. Vous imaginez les dégâts d’un climat africain sur ces êtres avec des chaleurs avoisinants parfois les quarante cinq degrés à l’ombre et qui finissent pour la plupart avec des cancers de la peau. La moyenne de vie est de 40 à 43 ans contre 57 ans pour la moyenne nationale.

    Il était étonnant de les voir si nombreux déambuler sans but dans la capitale. Le fait était que les dispensaires qui les prenaient en charge avaient fermé pour cause de personnel évaporé, retourné en Angleterre, sans laisser d’adresse. Ils fuyaient la Rodhésie aux relents d’apartheid derrière eux et dont ils représentaient la bonne conscience , pour un Zimbabwe aussi arbitraire. Ceci soulève encore et toujours la question de l’engagement face à des minorités si exposées et abandonnées suite à un changement de régime. Sauve qui peut !

    Entre 14’000 et 15’000 au Zimbabwe, les Albinos étaient pendant longtemps rejetés par leur famille et recueillis par des oeuvres de charité anglaise. Au départ de Ian Smith, de nombreux blancs craignant des représailles, abondonnèrent le pays dont les membres des communautés religieuses qui assuraient la survie de ces albinos.Surnommés “sope” – êtres magiques habités par des forces étranges.Considérés comme des parias, les familles africaine pensaient qu’un mauvais sort était lancé contre elles. Auparavant, la tradition consistait à les tuer dès la naissance. Les mères craignant les moqueries et quolibets, qu’elles seraient soupçonnées d’avoir eu une aventure avec un Blanc ou un diable quelconque et être victimes d’un sort.

    Aussi bien rejetés par les Blancs que les Noirs, avec les élections chahutées au Zimbabwe, les vieux fantômes sont revenus à la surface de ma mémoire. Les manchettes de journaux faisaient état d’albinos attaqués à la machette et les agresseurs rarement punis. Qui s’inquiéterait d’un albinos ?

    Oui , aujourd’hui encore plus que jamais qui s’inquiéterait de ces Albinos si la révolution ou un changement de régime devait avoir lieu au Zimbabwe ?

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