1 enfant sur 3 naît par césarienne!

La Suisse ne lésine pas sur les intervention chirurgicales: en moyenne, un tiers des enfants naît par césarienne, soit près de 20 point de plus que dans les autres pays d’Europe.

Césarienne1.jpgParue sur le site de la Tribune, cette info a de quoi surprendre.

La césarienne est normalement réservée aux accouchements difficiles ou problématiques. En effet elle n’est pas anodine: deux fois plus d’enfants que ceux nés par les voies naturelles doit être transférés aux urgences de pédiatrie.

“Ils sont également plus sujets aux allergies et à l'asthme en particulier, comme l'a démontré une récente étude. Quant aux mères, elles ont des douleurs jusqu'à six mois après une césarienne, elles ne peuvent pas porter leur enfant et ont des difficultés à allaiter. Elles ont en outre davantage de complications sévères lors des grossesses suivantes.“

La Fédération Suisse des Sages-Femmes lance un cri d’alerte, estimant que la rentabilité des cliniques explique ce taux exceptionnellement élevé. Il y a en effet de quoi se poser des questions:

“Presque un enfant sur deux (45%) dont la mère est assurée en privé vient au monde en salle d'opération et la proportion de césariennes pratiquées dans le canton de Zoug (40%) représente plus du double de celle du Jura (19%).”

Les coûts pour le système de santé sont nettement majorés par cette pratique, et la santé de la mère et de l’enfant est plus menacée.

“La FSSF demande par conséquent à la Confédération, aux cantons et aux caisses maladie d'instaurer un contrôle des hôpitaux et des médecins et de renforcer le statut des sages-femmes.”


Image: clinique de l’aéroport, Douala.


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Catégories : société 12 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • Bonjour,

    Bon d'accord, ça fait beaucoup. Mais il faudrait savoir pourquoi et dans quelles conditions.
    Une question intéressante par exemple, combien de femmes de gynéco n'ont pas eu une césarienne?

    Dommage, on ne parle pas des césariennes faites justement pour le bien de l'enfant et/ou de la femme, sans laquelle l'un ou l'autre coure un risque. Et des tentatives désastreuses pour accoucher à tout prix qui finissent par une césarienne en urgence.

    Et pour le reste, pas d'accord:
    Les douleurs? Celles qui accouchent "normalement" en souffrent parfois longtemps.
    Ne pas porter son enfant? Ah bon, et pourquoi donc? Une cicatrice de même pas 5 cm rendrait une femme impotente?
    L'allaitement? Pas compris ce qui poserait problème.

    Cordialement

  • Bonjour Pascale,

    Les textes en italic sont repris de l'article, fondé sur le communiqué de la FSSF. Je n'ai pas trouvé l'étude précise, mais je fais assez confiance aux sages-femme. Le temps développe davantage, voici un extrait de l'article:

    "Mais une chose est sûre: les indications pour une césarienne sont assez élastiques. Comment expliquer sinon que les médecins zougois en pratiquent près de quatre pour dix naissances et les Jurassiens moins de deux? Et que les cliniques privées connaissent en général des taux plus élevés que les hôpitaux universitaires, où se concentrent en principe les naissances à risque? "

    http://www.letemps.ch/template/societe.asp?page=8&article=245376

    Voici aussi d'autres liens:

    http://accoucherautrement.free.fr/Cesarienne.htm

    http://www.doctissimo.fr/html/sante/femmes/sa_770_nne.htm

    http://www.selection.ca/mag/2001/10/cesariennes.html

    Bien évidemment il ne s'agit pas d'en diminuer le nombre juste par principe. Mais la question posée est: sont-elle vraiment justifiées médicalement , ou seulement économiquement? La Hollande a un taux de 6% seulement de naissances par césariennes. Dans un autre article sur un des liens, on cite un communiqué de l'OMS selon lequel les pays où il y a le taux le plus faible sont également ceux où il y a le moins d'accidents périnataux.

    Sur la question de la douleur, en tant qu'homme je ne puis décemment me prononcer. Mais il semble qu'il y a d'autres méthodes: l'acupuncture,

    http://www.doucenaissance.ca/grossesse/medecine_douce/acupuncture.php

    et la péridurale, par exemple.

  • Bonjour Hommelibre,

    Merci pour les liens, aussitôt que j'ai le temps, je vais parcourir tout cela.

    Je crois effectivement qu'elles ne sont pas toutes justifiées médicalement.
    Lorsque je parlais des femmes de gynécologues, je l'ai entendu de la part de deux d'entres eux, que pour leur femme, il était exclu qu'elles accouchent normalement. A savoir s'ils pensaient aux bébés à venir et ou à garder intacte leur femme, mystère... :-)

    Pour le rapport privé/publique, il y a peut-être aussi une autre explication que le pur confort:
    Pour mon gynécologue, il était impératif que j'aie une césarienne, pour la sage-femme, il était impératif que j'aille à la maternité (publique) si je voulais accoucher normalement, parce que pour elle, il fallait absolument "essayer". Dans mon cas pour un bébé en siège. Pédiatre et gynécologue me l'ont fortement déconseillé, gynécologue pour moi sans doute et pédiatre pour le futur bébé. Il semblerait que dans le public (en tout cas à Genève) il y ait une très forte pression pour faire le moins de césarienne possible.

    Une autre question se pose, elle est plus d'ordre éthique et économique: si on admet que la césarienne est un confort dans certains cas, pour les femmes j'entends et non pas pour l'agenda des gynécologues, pourquoi ne pas laisser ce choix?

  • Merci aussi pour ces précisions Pascale. Dans votre cas en effet c'était un accouchement à risque par les voies naturelles.

    Intéressant la remarque que vous faites sur la différence entre le public et le privé. Il y a visiblement deux politiques, et chacune a peut-être ses raisons mais aussi ses biais (idéologique pour le public, économique pour le privé, mais bon, tout ne saurait être aussi simple que cela).

    Laisser le choix aux femmes, bien sûr. Etant un homme et n'étant pas médecin je ne peux avoir qu'une idée très abstraite de la chose. En tant que naturopathe j'aurais tendance à privilégier les voies naturelles, mais je sais aussi qu'aucune théorie ne peut s'imposer de manière générale, et même si j'ai quelques lignes directrice je suis très nuancé dans la pratique.

    En particulier le choix de vie de chacun-e lui appartient.

    Donc les raisons de confort sont prenables. Après tout chacun est dans sa peau.

    Par contre il semble que la fonction respiratoire du bébé se développe mieux en cas de naissance par les voies naturelles.

    J'ai aussi parlé avec certaines femmes ayant vécu une ou plusieurs césariennes pour raisons médicales, et psychologiquement elles avaient parfois une frustration: celle de n'avoir pas "terminé" le cycle de la grossesse dans leur corps et dans leur vécu. Comme si elles n'avaient pas vraiment accouché ni passé à autre chose. Mais bon, cela vaut ce que cela vaut, car dans la nécessité médicale il est bien évident que la préservation de la mère et de l'enfant sont prioritaires.

    Certains psy à une époque disaient aussi que l'accouchement naturel avait une fonction de stimulation pour le bébé. Sur le plan physiologique, oui, cela prépare son corps à réagir au changement, comme une marque initiale d'adaptation et de réponse au stress de la naissance. Sur le plan psychologique, cela lui donnerait le signal qu'il devra aussi se battre dans la vie. Mais c'est délicat à affirmer comme certitude.

    Et au final la mère décide. Il vaut mieux une césarienne de confort qu'une mère angoissée par l'accouchement et qui transmet son angoisse au foetus.

    Bien à vous.

  • Pour la frustration des mères, elle peut être liée aux césariennes d'urgences (où une narcose commplète peut s'avérer nécessaire). J'ai eu la chance d'avoir juste une péridurale, ce qui fait que j'étais bien là. Alors, sans les cris et les poussées mais cela ne m'a pas manqué :-)

    C'est vrai que par césarienne la naissance se fait plus en douceur, bien que l'atmosphère frigorifique d'une salle d'opération doit changer de celle du ventre de la mère.
    Les psy ont également beaucoup parlé de ces traumatisés à vie, claustrophobes par exemple parce qu'ils ont subi une naissance pénible. Il y a toujours du pour ou du contre.
    De la nuance, c'est la clé!

    Excellente journée

  • Oui Pascale, bien d'accord avec vous.

  • S’il n’a pas d’une autre variante, c’est bien compris, si c’est un simple désir de ne pas endurer le travail c’est vraiment un problème. L’héritage féminin nous impose ce travail.

  • Ah ces spams sont formidables. Non seulement ils sont "spams", mais en plus ils sont sympathiques, tout le monde sait bien en effet que depuis Eve la pêcheresse nous devons endurer d'enfanter dans la douleur...

    En même temps ces spams ont l'art de faire remonter des sujets intéressants, il faut leur reconnaître au moins ça!

  • @ Audrey: en plus ils font des efforts de français!

  • Niamh : "L’héritage féminin nous impose ce travail."

    Très juste! Qui a-t-il de plus merveilleux que d'enfanter par voies naturelles? Qu'est-ce la douleur qui n'est que passagère, à côté de "donner la vie" qui ne peut être qu'un émerveillement!

    hommelibre:" Il vaut mieux une césarienne de confort"

    Je n'adhère pas s'agissant de "confort" tout comme la péridurale quand la naissance est programmée...toujours par confort!

    " qu'une mère angoissée par l'accouchement et qui transmet son angoisse au foetus."

    Rhooooo il y en aurait des personnes angoissées - dès leur conception - dans le monde?

    Je suis d'accord avec cette étude et je fais également confiance aux sages-femmes. Il était temps qu'elles lancent un cri d’alerte.

    La césarienne ne doit être réservée qu'aux accouchements difficiles ou problématiques quand il y va de la santé de la mère ou du bébé.

    Pascale: "Une cicatrice de même pas 5 cm rendrait une femme impotente?"

    ??? Vous parlez d'une césarienne faite à une souris?!!!!!!

  • Niamh, j'ajoute: et quel magnifique héritage!

  • Oups Qu'y-a-t-il :))

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