Poèmes érotiques

Les poètes sont parfois surprenants. Ainsi, des auteurs français très connus, et souvent connus pour faire oeuvre de sérieux ou de dramatique, se sont parfois offert la grâce d'une poésie qui serait aujourd'hui classée X dans la bien-pensance officielle. Ciel, Madame le Conseiller Salerno - ou Monsieur la Conseillère, comme dirait Blondesen, cachez ce sein que je ne saurais voir. Non, ne faites pas la bouche serrée, je n'a pas mis les plus crus, je serais peiné d'être censuré... Je vous épargne en particulier la plupart de ceux d'Apollinaire.

Un soir de demi-brume à Londresvenus1.jpg
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte.
Je suivis ce mauvais garçon 
Qui sifflotait, mains dans les poches.

Apollinaire

 

Au ciel des plages, Virginie,
Ombres d'où je t'ai vu sortir,
Le zéphir, la brise d'été
Apportaient l'odeur de peau nue
Que fleurait ta virginité.

R. Radiguet

 

Aimons, foutons, ce sont plaisirs
Qu'il ne faut pas que l'on sépare;
La jouissance et les désirs
Sont ce que l'âme a de plus rare.
D'un vit, d'un con et de deux cœurs,
Naît un accord plein de douceurs,
Que les dévots blâment sans cause.
Amarillis, pensez-y bien :
Aimer sans foutre est peu de chose
Foutre sans aimer ce n'est rien.
Vénus4.jpg

La Fontaine

 

Carmen prompte au plaisir
qui longtemps la secoue

se cramponne au rebord du lit
cabrée à l'avant du roulis

comme une figure de proue

Cocteau

 

Fermez vos yeux à demi,
Et contrefaite un peu la louche,
Puis en approchant votre bouche,
Dites : Baisez-moi, mon ami !

Ca, ces deux lèvres ! Ca, ce ris !
Ca, cette languette gloutonne,
Qui se courbe en faux qui moissonne
Vénus2.gif
Toute la fleur de mes esprits.

Après cela, recommençons
A nous baiser d'une autre sorte :
Si vous contrefaite la morte,
Je mourray de même façon.

 

C. Binet

 

 

 

Baise m'encor, rebaise moy et baise :

Donne m'en un de tes plus savoureux,

Donne m'en un de tes plus amoureux :

Je t'en rendray quatre plus chaud que braise.

 

Louise Labé

 

Prenez un cercle, caressez-le, 
il deviendra vicieux !

Ionesco

 

 

   
Catégories : Poésie 0 commentaire Lien permanent

Les commentaires sont fermés.