Ségolène Royal peut-elle sauver le PS?

Sous ce titre la Tribune livre ce matin une intéressante analyse sous la plume de Jean-Noël Cuénod. Ségolène reçoit même titre de “Jeanne d’Arc” du PS. Fichtre, quel envahisseur doit-elle donc chasser des terres socialistes?

SégoZénith.jpgAutant le reconnaître, Ségolène Royal me déplaît. Je trouve ses attitudes, ses manières, ses positions crispantes. Et j’y vois beaucoup d’ambiguïté. Mélangeant régulière la posture de battante et celle de victime, elle n’a jamais vraiment choisi entre les deux. Elle se réserve de jouer sur les deux tableaux, selon l’opportunité du moment.

Sa récente prestation au Zénith, assez ahurissante, était avant tout un hymne à sa gloire. Dans le style secte et lavage de cerveau, elle était bien la championne ce soir-là. Et ce ton qui oscille constamment, de sa voix mal assurée, entre la passionaria, la victime désignée, et la copine, la séductrice qui caresse dans le sens du poil.

Somme toute assez peu d’arguments réellement politiques.

Elle se pose donc en rassembleuse. Mais depuis la campagne présidentielle, elle fait cavalier seul, bluffant les structures du parti, jouant de son image comme d’une lame de rasoir. Une fois elle se plaint des coups reçus - si elle n’en voulait pas elle n’aurait pas dû faire de politique; une autre fois elle se pose en victime de sexisme. Et si tout simplement certains ne l’aiment pas pour sa personnalité, pour sa compétence aléatoire? Elle qui a l’art de transformer toute attaque en sexisme contre elle, devrait se remettre un peu en question.

Je n’oublie pas qu’à cause d’elle tant de profs ont été victimes de fausses accusations entre 1997 et 2002. Elle a encouragé la délation, sans mesurer les dégâts qu’elle allait faire, parce qu’elle a surfé sur la vague de l’affaire Dutroux et que cela faisait bien à l’époque de pousser des cris d’alarme tout azimuts, sans la moindre nuance.

Mais la politique est oublieuse. Si elle parvient à prendre la tête du PS, elle reviendra sur le devant de la scène, place qu’elle semble affectionner. Bon, ce serait mauvais esprit que de le lui reprocher. N’est-ce pas le fait de tant de politiques que d’avoir besoin d’être sur le devant?

Comment pourrait-elle devenir crédible? Qu’elle abandonne définitivement tout double langage et toute victimisation. Qu’elle cesse de se prendre pour la passionaria sauveuse, et de vouloir prendre des intonations à la De Gaule: sa voix est trop mal assurée, cela ne passe pas.

Mais peut-elle renoncer à cette ambiguïté qui est son fond de commerce médiatique et, peut-être même, sa marque de fabrique?






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Catégories : Politique 4 commentaires Lien permanent

Commentaires

  • oooooooooooo, rires, je vois que Ségolène passione...:=))
    Bonne soirée, Hommelibre!
    A plus

  • Hello Ark, oui je me demande régulièrement si les français pourraient élire quelqu'un d'aussi space... :o)

  • La seule chose qui pourrait sauver le PS français d'un misérable éclatement, c'est un retrait définitif de la vie politique des Delanoë, Fabius, Hollande, Lang, Emanuelli, Mélanchon, Rocard (c'est fait), Strauss-Kahn, Montebourg, Aubry, Royal et de leurs "lieutenants" respectifs.

    Dans ce cas, le PS aurait une chance de se reconstruire sainement

  • Mais pour qu'ils s'en aillent, il y a du boulot!

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